L’écologie en tension entre désir citoyen et pression des lobbys
Opinion

L’écologie en tension entre désir citoyen et pression des lobbys

Si, comme citoyens et comme chrétiens, nous pouvons nous engager dans le débat public et politique sur les questions environnementales, on ne peut ignorer que ces questions sont le lieu de conflits d’intérêts et de rapports de force qui font souvent peu de cas de l’intérêt général.

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Publié le 6 octobre 2020

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Bernard Brillet nous montre ici comment, malgré une volonté  affichée et un dispositif institutionnel et législatif conséquents, les décisions politiques en matière environnementale sont dépendantes de pressions des lobbys économiques et corporatistes court-circuitant le plus souvent le processus démocratique et la mobilisation citoyenne.

Texte publié dans le dossier Face à la crise écologique du numéro 2020/3 de Foi&Vie.

L’émergence écologique institutionnelle

En matière environnementale, et dans le prolongement de la vision historique d’un intérêt général bien compris, les décennies 70 à 90 ont permis la construction d’un solide édifice préventif et curatif d’ordre juridique et technique sur l’eau, l’air, les sols, les déchets, la réduction des sources de pollution à l’émission, la nature… Édifice essentiellement consolidé à l’échelle européenne sous forme de directives, grâce il faut bien le dire à la sensibilité des électeurs allemands et ceux du nord de l’Europe, directives ensuite transposées dans le droit national de chaque État. Au plan international, tous les dix ans, de grandes conférences de l’ONU ont construit une vision partagée des préoccupations environnementales d’abord, notamment la conférence de Stockholm sur l’environnement humain en 1972 (qualité de l’environnement, soutien aux pays défavorisés, coopération des États), puis écologiques avec celle du sommet de la terre à Rio en 1992 (biodiversité, participation citoyenne, développement et soutenabilité), initiant celle de Kyoto puis plus tard l’accord de Paris sur le climat en 2015… Ces conférences de dirigeants à l’échelle mondiale ont permis l’émergence d’une conscience écologique institutionnelle s’appuyant sur des principes et des engagements collectifs, fondés sur des engagements volontaires plus ou moins contraignants. Ainsi, au-delà des réponses préventives et curatives thématiques, un consensus de visions plus holistiques d’interrelation et d’interdépendance entre planète et bien-être de l’humanité s’est alors forgé. Il lie le ménagement des ressources naturelles, l’économique, le social et l’environnemental et a permis d’aboutir à la construction progressive des objectifs universels d’un développement durable, les ODD 2015. Ils forment un langage commun universel, appelé l’agenda 2030, faisant espérer à cet horizon un développement harmonieux pour l’humanité, du local au global.

Mais tout cela a été percuté au tournant du 21siècle, par une mondialisation forcenée et un libéralisme dérégulé.

L’expression de la volonté démocratique et la construction d’une vision d’intérêt général

Au-delà des grandes orientations et promesses faites lors des élections nationales ou locales, la décision publique est continue et elle nécessite au quotidien des arbitrages. Comment dans ce contexte se forge, dans les décisions quotidiennes, l’expression du bien commun appelé encore l’intérêt général? Entre deux élections démocratiques, l’expression du bien commun est celle du parlement ou des assemblées locales élues, bien sûr, mais quid au cours d’un mandat de l’expression citoyenne, celle des sachants, celle des agents économiques? Peut-on concilier à la fois la réponse aux temps longs et aux temps courts face à des enjeux de nature différente, qu’il faut pourtant […]

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