L’emploi et les sans-papiers

L’emploi et les sans-papiers

Françoise Poujoulet, de la Cimade, retrace sous forme de questions-réponses le parcours du combattant que constitue l’accès au travail pour une personne immigrée ou un demandeur du droit d’asile.

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Publié le 9 janvier 2015

« J’ai des diplômes, je peux travailler ! »

Non, madame vous ne pouvez pas. Je vous l’ai déjà expliqué : sans papiers, vous n’avez pas accès au marché du travail ; vous ne pouvez pas intégrer un hébergement, mais vous pouvez téléphoner au 115… oui, je sais, ils disent toujours qu’ils n’ont pas de place… mais il n’y a pas d’autres solutions dans votre situation aujourd’hui. Par contre, vous pouvez vous soigner grâce au dispositif de l’AME (aide médicale d’Etat). C’est déjà ça…

« Je n’ai pas de papiers, mais j’ai un employeur qui veut m’embaucher. Je peux demander un titre de séjour salarié ? »

Oui, c’est possible. Votre employeur va vous faire un contrat. Il devra au préalable avoir déposé son offre d’emploi à pôle emploi, et prouvé qu’il n’est pas satisfait des candidatures reçues. Votre dossier passera dans les mains de la DIRECCTE qui émettra un avis sur votre dossier et dans les mains de la
Préfecture qui décidera si oui ou non vous pouvez bénéficier d’un titre de séjour salarié. Si votre profil professionnel cadre avec la liste des 30 métiers ouverts aux ressortissants des pays hors union européenne (métiers à haute qualification) et si votre employeur est motivé pour payer la taxe pour vous embaucher alors vous aurez quelques chances. Oui, je sais que ce n’est pas facile….

« Je suis demandeur d’asile, je voudrais travailler…»

Si votre demande d’asile a été déposée il y a plus d’un an à l’OFPRA et que l’on n’a pas encore statué sur votre situation, vous pouvez demander une autorisation de travail.

Mais pour une période courte et on pourra vous opposer la situation de l’emploi. Vous savez, ce n’est pas parce que l’on demande que l’on reçoit…

« Maintenant  j’ai des papiers, je vais trouver du travail »

Oui vous allez trouver du travail, assez rapidement probablement… Souvent dans la sécurité ou dans le BTP pour les hommes, dans le service à la personne ou en tant que femme de chambre dans les hôtels pour les femmes ou encore dans la restauration. Rarement un temps plein, avec des salaires très bas. Et vous reviendrez me montrer votre contrat de travail comme une médaille que l’on brandit, fier de son exploit…Le travail est un vecteur essentiel de l’intégration et de l’insertion. Pour une majorité d’étrangers, le problème ce n’est pas d’abord la difficulté de trouver un travail mais d’avoir même le droit de travailler. Cette situation favorise d’une part le travail au noir et d’autre part confine ces personnes dans une attente passive où elles perdent leurs savoir-faire et leur compétence. Beaucoup de gâchis pour… mais pour quoi au fait?

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Présence est le journal de la Mission populaire évangélique de France. Il paraît 4 fois par an et propose notamment des nouvelles de 13 « Frats » (lieux d’accueil) du mouvement. Après une refonte graphique en 2017, la revue trimestrielle dévoile une nouvelle formule en avril 2018.

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