Les limites de notre tolérance

Les limites de notre tolérance

Ou la tyrannie du faire. A partir de quel moment dans la vie dit-on stop ? C’est fini, j’arrête, ce n’est plus possible ?

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Publié le 26 janvier 2015

Auteur : Éliane Stricker

Quand la discordance entre nos principes et ce que l’on vit apparaît comme une évidence : je ne peux pas faire ça. Ce déclic salutaire, parfois difficile à entendre, cet acte de désobéissance parfois, en butte avec l’autorité souvent.

L’expérience de Milgram, montre à quel point la soumission à l’autorité, l’obéissance aveugle peut devenir dangereuse.

(« I comme Icare » le film de Verneuil avec Yves Montant ; Cette expérience cherchait à évaluer le degré d’obéissance d’un individu devant une autorité qu’il juge légitime et à analyser le processus de soumission à l’autorité, notamment quand elle induit des actions qui posent des problèmes de conscience au sujet. Wikipédia).

Avons-nous toujours le bon réflexe ? Sûrement pas. Combien de temps allons-nous mettre pour quitter ce travail qui nous pèse et dans lequel on ne se reconnaît plus, ou quand on réalise avec horreur qu’on travaille pour un marchand d’armes, ou le plus grand pollueur de la planète, que le gentil réfugié qui vous sourit et vous supplie de l’aider n’est qu’un menteur, un manipulateur mafieux, ou qu’un autre vous livre un récit d’appel au meurtre, que vous lui faites remarquer et qu’il revient la semaine suivante avec un autre récit tellement inverse qu’on lui donnerait le prix Nobel de la paix.

Compliqué. Tous les travailleurs sociaux vous le diront : parfois il ne faut pas trop réfléchir, ni trop chercher à approfondir, sinon on jette l’éponge… au mieux.

« On va faire avec »… jusqu’à quand ?

Jusqu’à ce moment charnière, où le corps exprime cet inconscient qu’on repousse, qu’on enfouit au plus profond, qu’on refuse d’écouter, le mal au dos qu’on supporte, les insomnies à répétition, la tristesse qui s’installe, la culpabilité, le dérèglement de l’appétit, l’agressivité… jusqu’à la grave dépression voire parfois le suicide.

Le taux de suicide des professions de la santé et de l’action sociale est en tête de liste des statistiques.
(34.3/100.000). Puis viennent les secteurs de l’administration publique (police etc… 29.8/100.000). chiffres INVSINRET avril 2010.

Alors comment concilier santé, morale, loyauté, obéissance et conscience ?

Chacun va faire comme il peut, aidé ou pas, avec son psy ou pas, va prendre des médicaments ou pas. Les illusions se fracassent toujours sur le mur de la réalité. Il faut anticiper, éviter l’affect dans le travail ou la relation aux autres, respecter les distances, ne pas tout mélanger, écouter le signal d’alarme qui clignote dans un coin de notre tête. Dans le travail social ce n’est pas si facile…

Ces fichues illusions qui nous poussent à croire que tous nous allons dans le même sens, de justice, de droit, de respect, comme dans une belle famille. Mais justement les familles sont rarement belles et il y a souvent « un cadavre dans le placard » Alors ne rêvons pas, écoutons notre corps et quand il commence à parler, agissons : passons à autre chose. Oublions l’orgueil et la vanité qui nous font croire qu’on va pouvoir supporter encore et encore, ou qu’on pourra changer les choses.

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NB : de nombreuses actualités sont également relayées sur le blog Blog pop.

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