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Les personnes LGBTQIA+ dans les Églises

LGBTQIA+ : derrière ce sigle à rallonge, beaucoup de sensibilités réunies! Pour aborder le sujet de l’homophobie, François Choquet s’arrête sur quelques priorités concernant l’un ou l’autre groupe.

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Publié le 9 mai 2022

Auteur : François Choquet

On s’en souvient, le synode de Sète, en 2015, a ouvert « la possibilité, pour celles et ceux qui y voient une juste façon de témoigner de l’Évangile, de pratiquer une bénédiction liturgique des couples mariés de même sexe qui veulent placer leur alliance devant Dieu ». Dès lors, il serait tentant de considérer que la question de l’accueil des personnes LGBTQIA + est réglée au sein de l’Église protestante unie de France. Depuis la Belgique d’où je vous écris, j’aimerais prendre le temps de rendre grâce pour le chemin qui a conduit votre Église à faire ce choix. L’Église protestante unie de Belgique a ouvert cette même possibilité en 2009. En tant que personne homosexuelle, il n’est pas anodin pour moi qu’une Église prenne le risque de l’inclusion.

Ces précisions apportées… ne nous emballons pas ! Car si la bénédiction des couples mariés de même sexe a une portée symbolique importante, elle ne répond pas aux aspirations de toutes les personnes LGBTQIA+.

Les moins écoutées

Bien sûr, il y a les personnes homosexuelles qui vivent dans la solitude, choisie ou subie, pour qui le mariage n’est pas à l’ordre du jour. Mais je pense surtout ici à celles qui sont sans doute les plus méconnues ou les moins écoutées.

Des personnes bisexuelles, on a tendance à dire qu’elles sont indécises ou instables. Même au sein des mouvements militants, les personnes « bi » sont mises sur la touche car vues comme « à moitié hétéros » (un comble !). Et dans le reste de la société, on a souvent tendance à ne voir les personnes bisexuelles qu’en fonction de la personne avec laquelle elles sortent/vivent… et donc à les ranger de facto dans la catégorie « hétéro » ou « homo ».

Pour les personnes transgenres, un geste symbolique est parfois le bienvenu. Nous confessons que le baptême est permanent et que la personne reste la même, quelle que soit la transition qu’elle peut vivre. Mais je connais des personnes trans qui se sont senties encouragées sur leur chemin de foi par un temps de prière à l’occasion de leur changement d’état civil, par exemple. « Bénissez, car c’est à cela que vous avez été appelés, afin d’hériter la bénédiction » (1 Pierre 3.9).

Des enfants parfaits

Les personnes intersexes, on n’en parle jamais, ou presque. Pourtant, les mutilations que subissent les enfants intersexes à la naissance sont dénoncées par Amnesty, qui parle d’opérations « souvent invasives, irréversibles et dénuées de caractère d’urgence ». Il est temps que les institutions chrétiennes clament que les enfants naissent parfaits !

D’une manière plus générale, la théologie queer met en lumière et analyse ce qui, dans les Écritures, trouble notre vision dichotomique de l’humain. Encore embryonnaire dans l’espace francophone, cette théologie peut nous encourager à un rapport apaisé avec les notions de genre, de sexe et de désir. En refusant de prendre nos certitudes pour des idoles, en convertissant nos regards sur celles et ceux qui nous troublent, en acceptant de nous taire pour écouter les autres et l’Autre, j’ai la conviction que nous rendrons un juste témoignage à l’Évangile.

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