LA "BOUSSOLE" DE LA FEP

Pourra-t-on manger ensemble ?

Traditionnellement, les fêtes de fin d’année nous rassemblent. En famille, entre amis, parfois entre collègues ou au sein d’une association, d’une paroisse… Et cette année ?

Un contenu proposé par Fédération de l'Entraide Protestante

Publié le 20 décembre 2021

À partir d’une question d’actualité, la « boussole de la FEP » propose des pistes de réflexion pour nourrir le sens de nos actions et tenter d’éclairer le sens des événements que nous traversons.

La parole

Pierre contemple le ciel ouvert : il en descendait une sorte de toile immense, qui, par quatre points, venait se poser sur la terre.
Et, à l’intérieur, il y avait tous les animaux quadrupèdes, et ceux qui rampent sur la terre, et ceux qui volent dans le ciel. Une voix s’adressa à lui :
« Allez, Pierre ! Tue et mange. » « Jamais, Seigneur », répondit Pierre. « Car de ma vie je n’ai rien mangé d’immonde ni d’impur. »
Et de nouveau une voix s’adressa à lui, pour la seconde fois : « Ce que Dieu a rendu pur, tu ne vas pas, toi, le déclarer immonde ! » Cela se produisit trois fois, et l’objet fut aussitôt enlevé dans le ciel.

La Bible, livre des Actes chapitre 10, versets 11 à 15

Chemin de réflexion

Quand Dieu met les pieds dans le plat

La meilleure façon de construire un espace commun et une identité partagée est de se mettre à table ensemble. Cependant beaucoup ne l’entendent pas ainsi et de manière individuelle ou collective s’érigent des lignes de démarcation entre le pur et l’impur. Nos tables ressemblent alors à des puzzles complexes.
Dans le livre des Actes, Dieu essaye, à travers la vision de Pierre, de mettre tout sur la table pour nous conduire à nous assoir ensemble. Oui, ici Dieu est un visionnaire qui anticipe l’accueil de l’autre. Le partage de mets, de plats, de recettes, la commensalité, faisant de chacun un compagnon de tablée, contribuent le temps d’un repas au dialogue des cultures.
Sans faux jeu de mots, l’on pourrait dire que Dieu met les pieds dans le plat en nous demandant de ne pas mettre des frontières là où Lui n’en n’a pas mis. Le texte utilise même le terme « immonde » pour caractériser ce besoin chez les hommes de séparer ou d’écarter les œuvres de Sa création.

Brice Deymié, pasteur de l’Action Chrétienne en Orient à Beyrouth

 

Un repas pour partager la vie

Qui aurait parié que cette question reviendrait en ce Noël 2021 ?!
La « commensalité », c’est-à-dire partager un repas à la même table, est essentielle dans la Bible : elle exprime une proximité, le sens du partage, la fraternité… entre convives.
Notre texte ne dit-il pas que les règles du pur et de l’impur, qui limitent cette possibilité, doivent être dépassées selon la volonté de Dieu ? Pourtant, ces règles religieuses avaient certains fondements sanitaires sérieux. L’interdit du porc, par exemple, préservait du risque de parasitose du ténia. Pierre ne se résout pas facilement à ne plus les respecter.
À Noël, en famille, appliquerons-nous les règles qui seront recommandées ? Selon quel critère ? Un seul doit nous guider : partager la vie, ne pas faire de ce repas un risque mortel pour certains alors qu’il est l’occasion de fêter la vie, au cœur et au-delà de toute règle formelle. Tel est le sens du repas de Noël, comme pour Pierre : offrir la Vie en Christ à toujours plus de convives.

Pascal Hubscher, pasteur, responsable aumônerie SMS de l’UEPAL

 

Osons rencontrer l’autre, aussi différent soit-il !

L’invitation à partager un repas est naturelle, quasi universelle. Convier l’autre à sa table permet de faire plus ample connaissance et de manifester les valeurs de l’hospitalité et de la fraternité. Néanmoins elle soulève souvent des inquiétudes : ma cuisine va-t-elle plaire ? Mon voisin est français ? Il faut que je propose de la bière et du vin ! Mon voisin est syrien ? Quel pain vais-je acheter, ma baguette est si différente du pain libanais ! Cette femme que je connais à peine aimera-t-elle le sucré salé ? Ma recette de ragoût d’agneau est à base de coings !
L’envie de faire plaisir et de recevoir dignement est accompagnée de la peur de décevoir. Alors nous pourrions être tentés de renoncer…
Acceptons plutôt de dire avec Socrate « je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien ». Osons rencontrer l’autre, osons lui poser la question, lui proposer de découvrir, apprendre à le connaitre. C’est le meilleur moyen de briser nos préjugés et d’entrer dans la singularité de la relation.

Cécile Clément, L’Etage, en charge des Couloirs Humanitaires de la FEP en Alsace Lorraine Franche-Comté

 

Des mots pour prier

Seigneur,
Nous te prions pour que nos deux réveillons soient des occasions d’approfondissement des liens qui unissent les convives entre eux.
Permets que nous vivions ces repas dans l’attention à tous et à chacun, dans la joie et la discrétion, et dans le respect dû aux plus humbles et aux plus fragiles d’entre nous.
Fais de nos temps de fête des signes d’amour et de fraternité et aide-nous à percevoir dans la naissance de Jésus la promesse d’une Vie en plénitude pour chacun et chacune.
Amen

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La Fédération de l’Entraide Protestante (FEP) rassemble 360 associations et fondations œuvrant dans le champ social, médico- social et sanitaire. Reconnue d’utilité publique depuis 1990, la FEP se fixe comme objectif de lutter contre toutes les atteintes à la dignité humaine, pour une société plus juste et plus solidaire. Elle édite la revue Proteste.

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