13-Novembre
Justice

Procès des attentats du 13-Novembre : la plaidoirie des avocats des victimes

Après la fin des débats, une partie des 330 avocats des parties civiles doit plaider plusieurs jours au palais de justice de l’île de la Cité, à Paris.

Un contenu proposé par Le blog de Camille Verdi

Publié le 24 mai 2022

Auteur : Camille Verdi

C’est une nouvelle phase du procès des attentats du 13 novembre 2015 qui s’est ouverte, lundi 23 mai. La fin des débats, la semaine passée, a laissé la place aux plaidoiries des avocats des victimes et proches de victime, relate France Info. Au total, 2400 parties civiles se sont constituées. Celles-ci sont représentées par plus de 330 avocats. Entendre tous les conseils représentants les victimes et leurs proches prendrait plusieurs semaines. D’autant que le procès a déjà pris pas mal de retard.

Comment en quelques minutes, vous dire l’infinie diversité des victimes et le lien qui les rassemble ? C’est infaisable”, a dit Me Frédérique Giffard à la cour, selon Europe 1. “Ça fait six ans qu’on compose pour que nos clients ne soient pas doublement éprouvés : d’abord parce qu’ils étaient au mauvais endroit au mauvais moment”, et, ensuite, pour éviter de souffrir “d’avoir été trop nombreux pour pouvoir être chacun une victime à part entière”.

“Question vertigineuse, lancinante”

Nous allons donc vous présenter autre chose, une autre forme de plaidoirie, inédite, à laquelle ont participé une centaine d’avocats”, a ainsi expliqué Me Frédérique Giffard, citée aussi par France Info. Ce sont donc 90 conseils qui plaident pour l’ensemble des parties civiles, toutes traversées “par les mêmes clivages, les mêmes lignes de faille que la société en général”, a ajouté l’avocate. Le temps de parole donné à chacun sera de 20 à 25 minutes pour s’exprimer sur différentes thématiques. À savoir : “radicalisation et délinquance”, “la musique comme instrument de terreur”, “le stade de France”, “les terrasses”, “le Bataclan” ou encore “le stress post-traumatique”, “la résilience”, et “la culpabilité du survivant”, a-t-elle énuméré, selon France Info.

Si l’on a appris une chose au cours de cette audience, c’est que ceux qui sont dans le box ne sont ni des fous, ni des marginaux, ni des monstres, ni des pauvres personnes manipulées”, avait indiqué Me Topaloff. Lundi 23 mai, lors des premières plaidoiries, Me Jean Reinhart, cité par France Info, a essayé de répondre à “la question, vertigineuse, lancinante, qui ne nous quitte pas : comment ? Comment des hommes, qui ont été un jour des enfants, ont-ils tué et participé à tuer des êtres avec qui ils auraient pu converser ?”, s’est-il interrogé. Il concède ne pas avoir réussi élucider la question. “Que dalle, rien, nada. Ils nous ont servi des récits évolutifs et tellement peu crédibles que nous aurions pu en rire”, a-t-il ajouté sèchement.

France Info cite également Me Gérard Chemla, lequel estime que les accusés ne se sont pas intéressés aux victimes. “Je n’ai pas cru à la sincérité de quiconque. Les seuls vrais regrets, c’est ce qui leur arrive à eux”, a-t-il dit, concluant ainsi : “Ils se défendent comme des vendeurs de shit et je n’ai pas eu l’impression qu’ils étaient à la hauteur de ce procès.”

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