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Justice

Procès des attentats du 13-Novembre : le cafouillage de la police belge

Vendredi 26 novembre, les débats de la cour d’assises ont été marqués par les témoignages imprécis de la police belge et l’absence de plusieurs accusés dans le box.

Un contenu proposé par Le blog de Camille Verdi

Publié le 30 novembre 2021

Auteur : Camille Verdi

Mohamed Abrini sera-t-il présent ? Mardi 30 novembre, la cour d’assises spéciale doit étudier son parcours, indique le JDD. Elle doit notamment revenir sur les circonstances de son départ en Syrie, ses allers-retours et son passage au Royaume-Uni. Ce terroriste, surnommé aussi “l’homme au chapeau” des attentats de Bruxelles, est l’un des 14 accusés. Or, comme quatre autre de ses coaccusés, à savoir Salah Abdeslam, Sofien Ayari et Osama Krayem puis Mohamed Bakkali, il a refusé de s’installer dans le box, jeudi 25 et vendredi 26 novembre. La raison ? Protester contre l’absence physique des policiers belges dans la salle d’audience. En visioconférence depuis la Belgique, ils ont été vivement critiques pour l’imprécision de leurs réponses.

“Je fume du shit tous les jours”

Interrogé par le JDD, Philippe Duperron, président de l’association 13Onze15 Fraternité-Vérité, qui a par ailleurs perdu son fils Thomas, 30 ans, au Bataclan, ne cache pas son désarroi. “Il y a une volonté manifeste de ne pas apporter les réponses attendues, dit-il. Par son attitude, la police fédérale belge crée le premier incident important de ce procès qui se déroulait jusqu’alors de manière exemplaire.” “Les bras m’en tombent et la colère monte facilement”, ajoute-t-il, déplorant les réponses évasives des policiers belges et leur capacité à reporter la faute sur un collègue absent, note l’hebdomadaire.

D’autant que l’enquête a révélé des défaillances du côté de la police belge, en particulier dans le suivi de Brahim Abdeslam (qui fait partie du commando des attentats du 13-Novembre), le frère de Salah Abdeslam. À son retour de Syrie, Brahim avait été interpellé, début 2015, avant d’être relâché. Pourtant, son téléphone, qui avait été saisi mais non exploité, contenait des messages prouvant sa radicalisation. “J’ai déjà eu des idées radicales, mais ce n’est plus le cas”, avait dit Brahim Abdeslam au cours de son audition, selon La Croix“D’ailleurs, je fume du shit tous les jours.” Sur lui, les policiers ont trouvé un document intitulé “Permission des parents pour faire le djihad”“Il démontre bien que je suis contre le terrorisme et les jeunes qui partent en Syrie sans l’autorisation de leurs parents”, a-t-il lâché à la police belge.

“Une drôle d’image de la justice belge”

“À ce moment-là, on est d’accord qu’il se moque de vous, non ?”, demande Me Martin Vettes, l’avocat du frère de Brahim, Salah Abdeslam. En réponse, l’enquêteur, vendredi 26 novembre, a bafouillé, précise La Croix. Après les effroyables attentats, les policiers apprendront que, au sortir du commissariat, Brahim avait dit à un ami : “S’ils savaient où j’ai été, ils ne m’auraient pas relâché”. “C’est vraiment lamentable. [Les policiers belges] se moquent des parties civiles qui sont en droit d’obtenir des réponses meilleures”, regrette Philippe Duperron au JDD.

Il s’étonne également la mise en scène de leurs témoignages : les policiers sont masqués et flanqués des magistrats du parquet belge. “On a l’impression que les magistrats sont là pour effectuer un contrôle de la parole portée. Ça donne une drôle d’image de la justice belge”, peste-t-il. Philippe Duperron déplore enfin “l’absence de réponses aux questions” qui ont été posées aux fédéraux belges, ainsi que “le comportement que cela [a] produit sur les accusés ». Autrement dit, leur absence, qui est par ailleurs autorisée par la loi.

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