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Justice

Procès des attentats du 13-Novembre : le témoignage qui a sauvé des vies

Vendredi 8 avril, Sonia a raconté comment elle a dénoncé Abdelhamid Abaaoud, le coordinateur des attaques menées à Paris et à Saint-Denis.

Un contenu proposé par Le blog de Camille Verdi

Publié le 12 avril 2022

Auteur : Camille Verdi

Il s’agit d’un prénom d’emprunt. De même que sa voix a été modifiée et son visage dissimulé, raconte France Info. Le 8 avril, Sonia a témoigné depuis un lieu tenu secret. C’est elle qui a dénoncé Abdelhamid Abaaoud, le coordinateur des attentats du 13-Novembre. De fait, elle est un témoin-clé de l’enquête. Elle raconte sa rencontre avec le terroriste et le moment où elle a pris la décision d’appeler la police. Ce “sacrifice” a bouleversé sa vie, celle de ses enfants et de son compagnon. Mais elle ne regrette rien, dit-elle. Le soir des attentats du 13-Novembre, cela fait quelque temps que Sonia héberge Hasna Aït Boulahcene, une jeune femme de 26 ans à la dérive. Devant la télévision, lorsque les informations font état de plusieurs attentats en cours, Hasna rigole, se souvient Sonia, “en disant que c’était normal car c’étaient des mécréants.”

Deux jours plus tard, Hasna reçoit un étrange et une adresse pour se rendre à un étrange rendez-vous. “Un monsieur lui demandait d’aller chercher son cousin de 17 ans qui avait des problèmes”, rapporte Sonia à l’audience. En fait, il s’agit d’Abaaoud. Au sortir de sa cachette, un buisson près d’une autoroute à Aubervilliers, Hasna lui saute dans les bras, indique France Info. “Il est arrivé, il m’a serré la main, il s’est présenté”, relate Sonia. Elle reprend : “Je lui ai dit : ‘Est-ce que vous avez participé aux attentats ?’ Il m’a dit : ‘Oui, les terrasses c’est moi.’ Je me suis figée. J’avais envie de me couper la main.”

Sonia dit à Abaaoud “qu’il a tué des innocents, que l’islam, ce n’est pas ça”. Lequel la menace de représailles si elle dit quelque chose. Elle précise ensuite le moment où elle a décidé d’appeler le numéro vert dédié aux attentats. “J’ai expliqué qui j’avais vu. On ne m’a pas crue. J’ai été menaçante, j’ai insisté”, dit-elle. Finalement, elle est entendue par la Sous-direction antiterroriste (Sdat), note France Info. “On m’a demandé si quelque chose m’avait marquée. J’ai dit : ‘Oui, ses baskets orange’. On m’a amené une planche photos. J’ai très bien reconnu Abaaoud”, décrit Sonia.

Applaudissements

Le détail a son importance. Ces baskets-là, ce sont celles que le terroriste porte sur les images de vidéosurveillance du métro, le 12 novembre 2015, quand il vient de perpétrer des attaques sur les terrasses de la capitale. Ainsi, les enquêteurs localisent, grâce à Sonia, le repère où le terroriste s’est réfugié. Sonia réussi à convaincre la cousine d’Abaaoud, Hasna, de lui dire où se trouve l’adresse.

Le monsieur de la Sdat m’a dit d’aller chercher une bouteille pour la faire parler et c’est vrai que ça a marché”, précise Sonia. Elle décrit par ailleurs Hasna comme une femme “à l’histoire chaotique”, qui “portait le niqab et en même temps buvait de l’alcool et fumait”. Hasna lui révèle également qu’Abaaoud prépare d’autres attentats. “Je dis à la Sdat : ‘Ça va se passer très bientôt, c’est jeudi qu’ils vont attaquer’.

“Votre geste a pu éviter d’autres attentats”, salue le président de la cour d’assises spéciale. Mais Sonia est meurtrie. Son avocate raconte qu’elle s’est lavé les mains à l’eau de Javel après avoir rencontré le terroriste. “Je me suis sentie trahie, je me suis sentie sale. Vous savez, quand vous serrez les mains d’un assassin… C’est comme si c’était moi qui avais tué ces innocents, c’était une honte, une cicatrice que je garderai à vie”, confie-t-elle. À la fin de son témoignage, quelques applaudissements ont retenti dans la salle d’audience.

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