Un leader doit parfois savoir décider seul

Un leader doit parfois savoir décider seul

Le leadership participatif, salué pour son côté humaniste, a aussi ses limites. Toutes les décisions ne peuvent pas être partagées. Le point avec un spécialiste du management.

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Publié le 15 février 2017

Auteur : Gilles Bourquin

Luc-Olivier Suter est manager, consultant en gestion d’entreprise pour une société internationale spécialisée dans le conseil aux banques et assurances.

Quelles tendances repérez-vous dans l’évolution du leadership ?

L-O. S. : Il y a quelques décennies l’armée était très directive. Le mot d’ordre était : « Laissez votre cerveau de côté et obéissez ! ». Lors de mon école de recrue, notre instructeur a exigé que nous réfléchissions à la manière d’accomplir les missions reçues. Cette révolution dans le leadership de l’armée est un signe d’une évolution profonde de la société. La distinction entre les décideurs et les exécutants devient moins nette.

La hiérarchie s’assouplit-elle aussi dans les entreprises ?

En moyenne, les employés sont davantage formés aujourd’hui. Ils ont donc envie et sont à même de prendre plus de responsabilités. Les leaders ont compris qu’une personne qui sait pourquoi elle travaille agit mieux. On obtient de meilleurs résultats en impliquant les gens. Si on laisse les employés qui le désirent s’organiser eux-mêmes, les relations se passent mieux et il y a moins de démissions.

Un leadership trop directif est-il donc toujours néfaste ?

Attention à ne pas généraliser ! Il n’existe pas de règles universelles de leadership. Le style de direction doit être adapté aux personnes concernées et à l’environnement. Moins ces dernières sont formées et moins elles ont d’expérience professionnelle, plus leur chef doit être directif et apte à les soutenir dans leurs tâches. Le manque d’autorité d’un chef peut être autant néfaste que ses excès. Dans les situations où il faut décider très rapidement, le leader doit être à même de trancher seul.

Quelles sont à vos yeux les qualités d’un bon leader ?

Il est avant tout un meneur d’hommes. Celui qui pense être un leader mais que personne ne suit est juste un promeneur. Le leader n’est pas seulement un responsable, il doit précéder la marche et montrer la direction af in de conduire son équipe dans la voie qu’il a choisie. Plus la situation est critique, voire dangereuse, plus il doit être présent. S’il y a des coups à prendre, c’est à lui de les assumer.

Cette directivité n’est-elle pas contradictoire avec la tendance à assouplir le leadership que vous avez décrite ?

Dans le temps, quelques patrons bien formés dirigeaient une armada d’exécutants. La complexification de la société exige aujourd’hui un leadership plus interactif. A la vitesse où le monde évolue, réfléchir seul devient risqué.

Ce partage du pouvoir semble plutôt une bonne nouvelle ?

Pour ceux qui sont bien formés, c’est optimiste en effet ! Les tâches très opérationnelles, d’exécution, nous les délocalisons en Chine ou dans les pays de l’Est. Chez Apple, par exemple, tout est pensé en Californie mais les téléphones sont fabriqués en Chine. Parmi ceux qui sont moins bien formés, le leadership dans nos pays occidentaux suscite aussi des laissés pour compte.

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Edition Genève du mois de février 2017

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