portrait de paroisse

A Nîmes, le Mas des Abeilles

Le premier festival protestant de musique de la région Cévennes-Languedoc-Roussillon a eu lieu le 11 septembre, au Mas des Abeilles. L'occasion de découvrir ce centre paroissial un peu particulier.

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Publié le 5 octobre 2021

Auteur : Nicolas Boutié

Le festival Let it Bee investit ce centre paroissial pour sa première édition. Let it be – Mas des Abeilles – Let it Bee, vous voyez le jeu de mot ? Le choix de ce lieu n’est pas dû au hasard. Son emplacement, sa surface extérieure, sa facilité d’accès permettent une organisation de grande envergure pour ce premier festival protestant. Mais là, c’est une autre histoire. Le Mas des Abeilles, c’est un lieu, bien sûr, mais surtout une communauté et nous allons partir à sa découverte.

En 2007, a été décidée la construction d’un nouveau centre paroissial à Nîmes. La ville compte déjà un certain nombre de temples. Cela était-il vraiment utile ? L’évolution des modes de vie, les difficultés d’accès au centre-ville (distance et mauvaise circulation) ont été à l’origine de ce nouveau lieu. Au même moment la Maison de santé protestante de Nîmes voulait s’agrandir. La décision est prise de construire sur un même lieu un centre paroissial et la résidence Les jardins de la Maison de santé protestante. Quand vous arrivez au Mas des Abeilles, il n’y a pas de séparation entre les deux lieux… un seul jardin, un seul espace, un chemin confortable relie les deux bâtiments.

Cela donne un charme tout particulier au lieu mais surtout témoigne d’une véritable volonté de créer un lien fort intergénérationnel.

« Élargir l’espace de sa tente »

La devise du Mas des Abeilles est : « élargir l’espace de sa tente ». La communauté, la proximité de la Résidence de la Maison de santé protestante font de ce lieu un espace de rencontre et d’échange à la fois intergénérationnel mais aussi multiculturel.

Ceux qui ont été à l’origine du Mas des Abeilles sont toujours au conseil de secteur. Comme le décrit le pasteur Titia Es-Sbanti : « c’est une communauté de bâtisseurs ». Une communauté plutôt jeune et dynamique dont une grande partie est encore en activité. On ressent parmi eux une réelle amitié, une vraie fraternité. Et cela se vit dans l’accueil, qui se fait tout seul dans un grand rayonnement, une grande joie.

Une fois par mois, le samedi KT est un temps fort qui permet de fédérer la communauté. Sur un après-midi et le début de soirée s’enchaînent : école biblique, catéchisme, un culte et un temps convivial autour d’un repas. Pendant ce temps, les jeunes vont régulièrement à la rencontre des personnes âgées de la résidence Les Jardins créent ainsi un lien fort entre les deux lieux. Souvent les enfants sont éloignés des très âgés de notre société. Très vite, les enfants, eux-mêmes, ont demandé à continuer ces temps d’échanges et de partages.

Ce temps de catéchisme a une organisation particulière. Le texte choisit pour ce jour est décliné tout au long de la journée. Chaque groupe travaille et étudie le même texte biblique, texte utilisé aussi pour la prédication. Ce temps de catéchisme a une organisation particulière. Le texte biblique choisi pour ce jour est décliné tout au long de l’après-midi. Chaque tranche d’âge travaille et étudie le même texte, et celui-ci est repris dans la prédication du culte.

Un lieu réfléchi pour l’accueil

Pour Titia Es-Sbanti, « le centre paroissial est construit comme une maison ». Un hall d’entrée permet un accueil chaleureux et familial. Une vraie cuisine pour une communauté qui aime partager des moments conviviaux et bien sûr une salle pour le culte. Une salle modulable, adaptée pour l’accueil des enfants pour qu’ils ne soient pas relégués dans un endroit sombre, à l’écart du reste du groupe. Au Mas des Abeilles, c’est un choix collectif : le culte est le samedi soir à 18 h. Une façon de s’adapter au rythme de vie des jeunes couples avec comme question de fond « Comment être Église pour des gens qui n’ont pas le temps ? » Chaque culte est suivi d’un apéro, qui parfois dure plus longtemps que le culte lui-même. On se rencontre, on échange… on élargit le temps. D’ailleurs, avoue Titia, « on ne se prend pas toujours au sérieux. On se déguise parfois au Mas des Abeilles… en abeille » Titia tient beaucoup aussi à cette expression : « l’Église comme à la maison ».

La cloche du Mas des Abeilles

Lorsque vous arrivez sur le parvis du temple, vous ne pouvez pas rater cette énorme cloche de bronze qui est à hauteur de vos yeux. C’est à la fois un symbole et l’histoire particulière de ce lieu. C’est aussi un signe d’amitié œcuménique : en effet, la paroisse catholique « Bethléem » a participé financièrement au montage de la cloche, et cette dernière provient du temple cévenol de Malataverne !

Lorsque l’on est très âgé, on se rappelle peu de choses, mais parfois La cloche qui rythme la vie de la communauté certains se souviennent qu’enfant ils faisaient sonner la cloche du temple de leur village. Et c’est ce genre de souvenir que le Mas des Abeilles voudrait créer pour les enfants qui viennent là. Ce sont eux qui sonnent la cloche pour annoncer le début du culte. Le carillon crée aussi du lien avec les résidents voisins, ils savent que le culte commence. Autour de cette cloche et de ce vaste parvis, se rassemble la vie de la communauté, beaucoup d’activités ont lieu en extérieur profitant ainsi de ce grand jardin entre le centre paroissial et la Maison de santé Les Jardins.

Le Mas des Abeilles est un lieu ouvert… continuellement. Ainsi, les familles des résidents peuvent venir y chercher un peu de calme et se ressourcer. D’autres, venus du centre-ville ou d’ailleurs peuvent y entrer aussi et se « poser », sans avoir à se demander si c’est ouvert ou non.

Les familles des résidents les conduisent jusqu’au temple pour une promenade et une visite. C’est un lieu qui accueille, qui est ouvert aux autres, un espace pratique, c’est un lieu de témoignage qui a des projets encore pour longtemps.

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