Pasteurs et pompes funèbres : des relations houleuses

Pasteurs et pompes funèbres : des relations houleuses

Panorama des différents griefs.

Un contenu proposé par Ensemble - Sud-Ouest

Publié le 1 novembre 2018

Auteur : Frédéric Genty

Lors d’un enterrement, je vais toujours voir le maître de cérémonie et les porteurs pour me présenter, leur expliquer ce que j’attends et, à la fin, les remercier. Nous avons besoin les uns des autres pour que cela se passe le mieux possible. Car, en fait, de cette fluidité, dépend l’harmonie de tout ce qui va se passer.

Mais j’ai parfois eu affaire à des employés de pompes funèbres qui dépassaient leurs prérogatives notamment quand la cérémonie se passait au crématorium ou au funérarium. Dans son lieu, le maître de cérémonie a tendance à vouloir tout prendre en main. On découvre ainsi, après le temps de parole réservé au pasteur, qu’il a fait choisir un texte à la famille et qu’il le lit. Ce choix n’est d’ailleurs pas toujours un problème mais il aurait pu être intégré à la cérémonie. D’ailleurs, certaines entreprises proposent de véritables « liturgies laïques » se passant, dès lors, complètement des Églises.

Une formation à la prise de parole

J’imagine, vu la réelle qualité de certains, qu’il existe une formation à la prise de parole pour devenir maître de cérémonie. Entre les informations obligatoires à transmettre à l’auditoire, la valorisation des services fournis par l’entreprise de pompes funèbres : cela ne s’improvise pas. Mais parfois cela dérape, j’y ai assisté. Debout, face à l’assemblée, avec un ton rappelant l’humoriste Élie Semoun dans son sketch sur le sujet, le maître de cérémonie indique que « pendant la crémation, des distributeurs de boissons froides ou chaudes sont disponibles ». Difficile de reprendre après. Ou les porteurs embauchés à l’extérieur dont les costumes ne sont manifestement pas les leurs.

Et puis il y a la question des finances. Là où les protestants tentent une pédagogie du don, ils sont bien souvent court-circuités. « Combien voulez-vous donner à l’Église ? D’habitude on doit donner x euros. », en s’alignant sur le tarif demandé par l’Église catholique. Ce ne serait pas grave en soi, et d’ailleurs c’est parfois à notre avantage, si ces sommes n’étaient, par certaines entreprises de pompes funèbres, conservées pendant l’année civile et restituées à l’Église au moment du bilan de fin d’année en un seul chèque. Pour certains actes, cela correspond à un maintient de 11 mois en trésorerie. Mais, c’est bien connu, on ne se souvient que des moments désagréables et pas de tous ceux qui se sont bien passés.

Sur le même thème

Comment les protestants d’Alsace font-ils les enterrements ?

Comment les protestants d’Alsace célèbrent-ils les enterrements ?

Le culte est-il vraiment différent ? Un théologien apporte son expertise.

Un contenu proposé par 1001questions.fr

Une mort sur mesure

Les funérailles laïques ont la cote, alors même que le nombre de services funèbres réalisés par les ministres de l’Eglise réformée vaudoise baisse sensiblement.

Un contenu proposé par Réformés
L’enterrement chez les protestants

L’enterrement chez les protestants

Dans la religion protestante, la cérémonie d'enterrement est destinée aux vivants et non au mort.

Un contenu proposé par Musée protestant

UN CONTENU PROPOSÉ PAR

Ensemble – Sud-Ouest

Mensuel de l’Église Protestante Unie de France en Sud-Ouest, il offre à ses lecteurs un apport spirituel, des informations sur leur église sur le plan local, mais aussi sur l’Église au niveau national et international. Enfin, le journal Ensemble veut aider ses lecteurs à penser bibliquement les problèmes du monde contemporain.

Derniers contenus du partenaire

Abonnez-vous à un média protestant !