Les angoisses des années 70 autour de la bombe P, c’est-à-dire autour de l’explosion du nombre d’humains à la surface de la planète, font place à celles de certains pays sur la réduction accélérée de leur population. 

D’après l’ONU, alors que la population mondiale va continuer à croître pour passer de 8 milliards aujourd’hui à 9,6 milliards en 2050, sa répartition va fortement évoluer avec l’apparition de pays vieux et de pays jeunes. C’est ainsi que, d’ici à 2050, la population du Japon va passer de 123 millions à 105 millions alors que celle du Pakistan va passer de 255 millions à 372 millions, et celle du Nigéria de 238 à 359 millions. En 2050, près de la moitié de la population mondiale vivra soit dans le sous-continent indien soit en Afrique sub-saharienne. Quant à l’Europe, elle va perdre 40 millions d’habitants et va voir sa part dans la population mondiale reculer de 9,3 % à 7,3 %. 

Un des grands enjeux des années à venir est de créer des mécanismes de solidarité économique entre les pays jeunes et les pays vieux. Concrètement, les pays vieux doivent dégager de l’épargne pour investir dans les pays jeunes qui sont à même de mobiliser du travail. 

Pour l’Europe, la question doit être de moins en moins de s’interroger sur les réponses à apporter à la politique désordonnée de Washington mais de chercher un partenariat avec New Delhi et Abuja. La venue récente en France de Narendra Modi, le Premier ministre indien, doit être l’occasion d’une prise de conscience pour nos entreprises qu’il faut prendre la direction de Mumbai.

Jean-Marc Daniel, professeur d’économie, pour « L’œil de Réforme »

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