Ce pasteur hollandais du XVIIe siècle est le premier qui associe dans un de ses sermons l’idée que l’Église est « réformée » au fait que cette réforme est un « processus ». D’où la formule : « ecclesia reformata semper reformanda », comme l’écrira Karl Barth dans les années 40 : une Église réformée à réformer sans cesse.
Au moment où Réforme ouvre un débat sur l’avenir de l’Epudf, me vient cette réflexion en forme de clin d’œil : la méthode de ce processus ressortit-elle à l’ouverture d’un tel débat, autrement dit à une sorte d’appel à piocher dans une boîte à idées, ou bien à la pratique de la synodalité ? Ou aux deux ? Je n’ose pas croire, dans les deux cas, qu’une telle initiative soit prise sans concertation avec le Conseil national de l’Epudf !
Quoi qu’il en soit, l’heure est venue de sortir du déni : depuis plus d’une dizaine d’années, l’effacement en cours de la parole du monde luthéro-réformé est acté, le dernier sondage Ifop n’apprenant rien de nouveau que nous ne sachions déjà. Quelque 30 000 cotisants de l’Epudf, encore, font vivre une structure en déclin numérique. Bien des cadres, laïcs et ministres, sont en souffrance. Les ouvertures sociétales ne sont plus des marqueurs décisifs ni novateurs au regard des autres Églises protestantes en Europe, et sont à rebours, parfois, des réaffirmations convictionnelles conservatrices.
Mon Église est donc bien minoritaire et très fragile, cela est vrai, mais elle est au service d’un message majeur et fort, celui de l’Évangile. Elle se doit donc de réinventer une authentique vie communautaire là où souffre l’individualisme angoissé et là où s’épuisent les enthousiasmes collectifs éphémères. Elle est Église pour demain, quoi qu’il advienne, conflits ou détresses.
François Clavairoly, pasteur, pour « L’œil de Réforme »