Depuis toujours la loi du plus fort a guidé les conduites entre États. Le plus fort envahissait son voisin pour s’emparer de son territoire, de ses ressources, pour accroître son « espace vital » comme l’aurait dit Hitler. Après la Seconde Guerre mondiale, nous pensions être entrés dans une nouvelle ère où le droit international allait primer sur la force. Des institutions internationales ont été créées pour promouvoir et défendre l’État de droit, avec un gendarme mondial : les États-Unis, une grande démocratie non exempte de tout reproche mais attachée aux valeurs humanistes et capable de se remettre en question.

Aujourd’hui, avec Trump, le gendarme est passé dans le camp des voleurs et tout l’édifice international patiemment construit depuis 1945 est remis en cause brutalement : l’ONU et ses annexes comme l’OMS, l’OMC, ou la CPI, mais aussi l’OTAN, qui protégeait les États européens. Nous voyons en direct Trump essayant de passer un deal avec Poutine pour se partager la pauvre Ukraine, comme deux chefs maffiosi se partageant un territoire de Chicago, sous l’égide d’un autre chef maffieux, le prince héritier d’Arabie saoudite, tenant lui sa force de ses pétrodollars. Les autocrates du monde entier se sentent confortés. Trump veut prendre possession du Panama, du Groenland, et même du Canada. La Russie peut bien attaquer l’Ukraine, et demain pourquoi pas les Pays baltes. Quant à la Chine, il va être difficile de lui expliquer qu’il ne faut pas qu’elle prenne Taïwan.

Seule l’Europe semble encore être régie par le droit, mais pour compter dans ce nouveau monde, il faut qu’elle renforce rapidement ses moyens de défense. Et nous, chrétiens, attachés à l’amour de notre prochain, et enclins à tendre l’autre joue, il faut que nous comprenions qu’il en va de notre survie !

Charles-Henri Malécot, chef d’entreprise, pour « L’œil de Réforme »

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