Le pouvoir américain est devenu une puissance prédatrice. Ceux qui, français et évangéliques, disaient avec enthousiasme que le nouveau Cyrus qui s’appelle Trump était un élu du Très-Haut pour libérer le monde et le christianisme devront s’expliquer un jour et non pas nier discrètement ce qu’ils affirmaient hier avec condescendance.
Ceux qui, français et libéraux, contournent parfois dans leur réflexion les défis politiques et économiques du jour et s’obstinent à rejouer des débats du XIXe siècle sur la foi, l’athéisme ou le mythe en les collectionnant comme des monnaies qui n’ont plus cours, devront aussi s’expliquer. Et non pas nier qu’ils ne font plus vraiment fructifier leur propre héritage.
Les uns et les autres, et nous avec eux, allons devoir refaire de la théologie et non plus seulement lever les bras pour louer Dieu et nous laisser séduire par le pouvoir ou nous conforter dans un entre-soi un peu nostalgique.
L’exigence théologique est à ce point élevée aujourd’hui qu’elle requiert une attention particulière aux sujets essentiels, comme nous y obligent les propos du pape Léon XIV, qui nous enjoint à la fidélité évangélique concernant précisément l’humain et le monde : pas moins que cela ! Autrement dit les pauvres, les réfugiés et les migrants d’une part, et la destruction en cours du droit international d’autre part.
Il ne suffit donc plus de nous en remettre à nos anciennes certitudes mais, devant cette nouvelle situation, il nous est demandé de toutes parts de nous remettre à la théologie.
François Clavairoly, pasteur, pour « L’œil de Réforme »
