Sergio Amezcua, pasteur et fondateur de la congrégation de Dios Habla Hoy, une église hispanophone du sud de Minneapolis, est confronté à une nouvelle réalité. Alors que 95% de ses fidèles ne parlent pas anglais, il craint que l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), la police de l’immigration, ne procède à des arrestations arbitraires parmi ses fidèles. Comme lui, beaucoup ont immigrés aux États-Unis, précise CBS News. Peu après le début de l’opération Metro Surge lancée début décembre, qui a coûté la vie à Renee Good, le 7 janvier, et d’Alex Pretti 17 jours plus tard. Tous les deux étaient pourtant citoyens américains et membres d’un mouvement citoyen qui proteste contre une opération anti-immigration sans précédent. D’ailleurs, très vite, le pasteur a eu le sentiment d’être face à une intervention différente de celles menées dans les villes voisines.
Pour preuve, les membres de l’église ont cessé de venir aux offices. Puis, ils ont eu peur même chez eux. “Nous avons généralement deux offices complets le week-end, mais nous n’en avons plus qu’un seul, à moitié vide”, illustre Sergio Amezcua. Et de préciser : “Même les personnes nées ici ont peur de sortir. Elles ne veulent pas que leurs enfants subissent le traumatisme d’être arrêtés par l’ICE, ce genre de choses.”
28 000 familles inscrites
Bien décidé à venir en aide à ses fidèles, le pasteur et la congrégation Dios Habla Hoy ont lancé un appel sur les réseaux sociaux. Son objet : proposer d’apporter des provisions aux familles retranchées chez elles. En huit heures, quelque 2 000 familles étaient inscrites à ce service. Depuis, ce chiffre a bondi. Près de 28 000 familles sont inscrites pour recevoir de l’aide alimentaire. Et 16 000 ont […]
