Après trois ans au Tchad, et 10 ans sur le continent africain, notre famille a quitté le pays en septembre 2025, juste avant l’expiration de nos visas. Nous n’avions aucun moyen de les renouveler, comme tous les autres citoyens américains au Tchad – et les Tchadiens aux États-Unis. Les deux pays sont dans une impasse, alimentée par une idéologie de séparation et d’isolement.

Un groupe de réfugiés

La douleur de quitter nos amis, nos collègues et nos engagements au Tchad nous submerge par vagues, parfois plus intenses que d’autres. Pourquoi cela est-il arrivé ? Quel bien pourrait-il venir de ce départ précipité et inattendu de notre famille, alors même que nous commencions à récolter de véritables fruits et à tisser des liens durables au Tchad ? Par la grâce de Dieu, nous avons été accueillis par une équipe à Montbéliard, en France, où nous avons rejoint un ministère d’aide aux migrants. À ma grande surprise, je (Peter) me suis retrouvé à donner des cours de français plusieurs fois par semaine à un groupe de réfugiés soudanais. Ils rient de mon arabe tchadien et je demande à mes enfants de m’aider pour les subtilités de l’orthographe et de la grammaire du français. Ces moments sont devenus parmi mes préférés de la semaine

La douleur du déracinement

Lors d’une séance, j’ai apporté des photos de différents métiers. Nous avons discuté de chaque profession et de sa contribution à la société. Puis nous avons partagé nos histoires personnelles : que faisiez-vous avant de venir en France ? J’ai commencé par leur dire que j’avais été professeur au Tchad. Une femme a levé la main et a dit : « J’étais institutrice. » Un homme a dit : « J’étais plombier. » Un homme nommé Zabir a murmuré, si bas […]