L’attaque de l’Iran par les États-Unis pose la question du respect du droit international par les démocraties. Le retour au pouvoir de Trump s’accompagne de nombreuses entorses au droit international, faisant désormais de la force et de l’humiliation le fondement de la relation des États-Unis au reste du monde.
Côté européen, l’absence de réponse claire prévaut. Le chancelier allemand estime que « ce n’est pas le moment de donner des leçons à nos alliés » tandis que le Premier ministre espagnol rappelle qu’« on ne peut pas répondre à une illégalité par une autre : c’est ainsi que commencent les plus grandes catastrophes de l’humanité ». Le président français qualifie l’attaque de l’Iran par les États-Unis de « guerre en dehors du droit international » tout en indiquant que l’Iran en « porte la responsabilité première ». En étant incapable de parler d’une voix commune, l’Europe met sa crédibilité en doute, et ainsi renonce à peser.
Parce que son existence repose sur l’état de droit, l’Union européenne doit le défendre en toutes circonstances, sinon elle affaiblit sa raison d’être. Pour être crédible, les engagements doivent se traduire en actes. Ainsi, afficher un soutien à l’Ukraine sans mobiliser suffisamment de moyens pour éviter au conflit d’entrer dans sa cinquième année au prix de plus de 500 000 morts, de blessés et de vies détruites, fragilise la défense de l’état de droit, et donc l’état de droit lui-même. Annoncer le gel d’avoirs iraniens et fermer les yeux sur les milliards des mollahs investis en Europe relève de l’hypocrisie.
Défendre l’état de droit face à ceux qui ne le respectent pas exige trois conditions : avoir une parole claire, assurer une cohérence entre les paroles et les actes, disposer d’une puissance et la mettre au service de cette cohérence.
Valérie Rabault, conseillère départementale de Tarn-et-Garonne, ancienne première vice-présidente de l’Assemblée nationale, pour « L’œil de Réforme »
