La plus souvent les options en diplomatie dans les périodes de crise ne sont pas entre le bien et le mal, mais entre le mal et le pire. Cela s’applique bien à la situation du Venezuela. Le mal, c’est un dictateur qui a trouvé le moyen de ruiner son pays alors qu’il possède les plus grandes réserves du pétrole du monde. Il pratique une politique de terreur puisqu’une mission de l’ONU a établi que la Garde nationale bolivarienne a commis des exécutions extrajudiciaires, des disparitions forcées, des actes de torture et des traitements inhumains en toute impunité, ciblant principalement des opposants politiques. Nicolas Maduro s’est assis sur le résultat des élections qui l’avaient donné comme battu. Avant de regretter son arrestation, il faut entendre l’unanimité des réactions des Vénézuéliens qui ont fui à l’étranger et disent leur soulagement de voir le dictateur écarté du pouvoir.
Le mal, c’est le président des États-Unis qui s’assoit sur toutes les règles de droit en mettant en œuvre une politique dont la motivation n’est pas la recherche d’un ordre international, mais la défense des intérêts à court terme de son pays. Donald Trump se moque bien des Vénézuéliens, la seule chose qui l’intéresse, c’est le pétrole et de se débarrasser d’un gouvernement qui commerçait trop ouvertement avec la Chine et la Russie alors qu’il se situe dans ce qu’il considère sa zone d’influence. Sa seule légitimité est la force, selon la logique qui a conduit la Russie à attaquer l’Ukraine, l’Azerbaïdjan à occuper une partie de l’Arménie avec le soutien des Turcs, Israël à grignoter la Cisjordanie, et la Chine à vouloir se saisir de Taïwan.
Des antécédents inquiétants
Entre ces deux maux, quel est le pire ? L’histoire le dira. La philosophe Simone Weil a écrit qu’« une victoire est plus ou moins juste non pas en fonction de la cause qui a fait prendre les armes, mais en fonction de l’ordre qui s’établit une fois les armes déposées ». Nous pouvons appliquer ce principe au coup de force de Donald Trump, et les antécédents de […]
