Toute guerre est une horreur qui détruit les humains, les pays, les infrastructures et les rêves. Les guerres appartiennent à l’histoire de l’humanité, mais elles en sont la honte. Elles ne laissent que des perdants, même si certains sont plus perdants que d’autres. Elles relèvent du péché des hommes et des civilisations. Cela posé, il est des guerres qui sont moins illégitimes que d’autres. Dans les livres de la Torah qui fondent l’identité d’Israël, deux peuples ont opprimé les enfants d’Israël : les Égyptiens et les Amalécites. Les Égyptiens ont asservi les Israélites et le pharaon a voulu organiser un génocide lorsqu’il a ordonné de noyer les enfants mâles, pourtant le livre du Deutéronome dit : « Tu n’auras pas en abomination l’Égyptien, car tu as été un immigré dans son pays » (Dt 23, 8).

Au cours de l’Exode, les Amalécites ont attaqué les Israélites par derrière et se sont jetés sur les vieillards et ceux qui étaient fatigués. Le même livre du Deutéronome dit à leur sujet : « Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek […] tu effaceras la mémoire d’Amalek de dessous le ciel : ne l’oublie point » (Dt 25, 17-10). Les sages se sont interrogés sur la différence de traitement entre les ennemis : pourquoi est-il interdit de haïr l’Égyptien alors qu’il faut effacer la mémoire d’Amalek ? Ils ont répondu que l’attitude des Égyptiens avait une […]