D’où vient que la tension extrême suscitée par les velléités d’annexion du Groenland, bruyamment exprimées par Donald Trump début janvier, semble être retombée aujourd’hui ? De la calme fermeté affichée par les dirigeants occidentaux, de la diplomatie habile dont a fait preuve le secrétaire général de l’Otan, de l’installation, l’air de rien la semaine dernière, de consuls généraux par le Canada et la France, histoire d’être sur place pour suivre l’évolution de la situation ? Assurément. Mais aussi de la mobilisation résolue du peuple groenlandais déterminé à ne pas se laisser déposséder de son sort.

« Notre avenir ne doit pas être décidé sans nous. » Le propos est de Paneeraq Siegstad Munk, l’évêque luthérienne du Groenland, qui, événement rare, a pris position dans les affaires politiques. Et sa parole n’est pas passée inaperçue, puisque son Église évangélique luthérienne rassemble 90 % des Groenlandais. Une Église dont l’histoire s’est construite en symbiose avec la culture inuite, ce qui explique sans doute son […]