Au conflit israélo‑palestinien s’ajoute aujourd’hui la tension croissante entre Israël et l’Iran. Toutes les Églises font entendre leur voix. Le pape Léon XIV, le Conseil œcuménique des Églises et le Conseil des Églises du Moyen-Orient où sont présents les protestants dans ces pays, rappellent l’exigence de justice et la nécessité d’une solution politique.

Mais dans le monde chrétien, deux lectures départagent le débat. La première, présente dans les milieux évangéliques et dans le monde plus classiquement protestant, déchiffre dans l’histoire d’Israël les signes de l’accomplissement de la promesse de Dieu et tend à « sacraliser » tels événements politiques. La seconde, présente dans les Églises d’Europe et d’Orient, aborde le conflit à travers l’impératif des droits de l’homme, dans le choix assumé de « séculariser » cette histoire complexe dans un glacis juridico-moral.

Aussi opposées soient‑elles, ces deux approches, celle d’un « sionisme chrétien » et celle qui se situe dans la ligne du document Kairos, partagent une même limite : elles peinent à penser ensemble la même histoire et sa profondeur (sa transcendance ?) tragique.

Les uns la sacralisent, les autres la sécularisent. Tous, persuadés d’avoir raison, risquent alors d’oublier l’essentiel : l’humanité réconciliée et sauvée au cœur de la tragédie dont le témoignage d’Israël porte le message. Et je m’étonne donc de ceux qui ne comprennent pas qu’un État comme celui d’Israël puisse se défendre quand il est agressé et menacé de mort par des fous qui précisément – faut-il le redire ? – ne se réclament ni d’un Dieu qui sauve ni des droits de l’homme.

François Clavairoly, pasteur, pour « L’œil de Réforme »

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