Les récentes décisions de Donald Trump ont marqué la fin du rêve d’un ordre international inspiré par des valeurs qu’on voulait universelles, nées dans l’Occident chrétien. Le réveil est brutal, surtout venant d’un pays dont les présidents prêtent serment sur la Bible.
Mais si l’on porte un regard moins idyllique sur les 80 ans de l’alliance de l’Occident, on pourrait se dire que tout a fonctionné parce que l’intérêt collectif coïncidait avec celui de la puissance dominante. Le plan Marshall, l’OTAN, les accords régissant le commerce international fonctionnaient car la puissance dominante y trouvait son compte et… dominait. Le basculement vers l’Asie initié par Obama était un premier signal. Avec un président sans manières, le masque est tombé complètement.
Il faut donc, hélas, nous réhabituer à la réalité des sociétés humaines qui sont avant tout soucieuses de leurs intérêts égoïstes et qui ne prennent en compte ceux des autres que pour autant qu’ils coïncident avec les leurs. La seule question avec Trump est de savoir si ce qu’il considère dans l’intérêt de son pays ne correspond pas à un intérêt à très court terme, celui des échéances électorales, quelles qu’en soient les conséquences possiblement néfastes pour son pays à long terme.
Mais les démocraties sont-elles encore propices à arbitrer en faveur du long terme ? Quand on regarde l’endettement des États, ou les déficits des retraites en France, on peut en douter. Quant aux références bibliques, pour lever toute ambiguïté, on pourrait suggérer que le serment des futurs présidents américains ne soit prêté que sur l’Ancien Testament !
Xavier Moreno, dirigeant d’entreprise, pour « L’œil de Réforme »