Dans le Repair Café du Foyer de Grenelle, à Paris, les motivations sont écologiques, sociales mais aussi affectives. Le principe ? Inviter les utilisateurs à offrir une deuxième vie à leurs petits équipements, électroménager, hifi… avec des bénévoles qui ont un savoir-faire en matière de réparation. Les tours de main sont précieux, les compétences transférées et les objets en panne remis en état ; l’expérience est ludique et gratifiante, les participants sont ravis, et la planète aussi.
Les réparateurs du Foyer sont une demi-douzaine, tous bénévoles, retraités ou encore actifs qui donnent un peu de leur temps, un après-midi tous les deux mois. L’un est spécialiste ès télé, pour le hifi, c’est plutôt à un autre qu’il faut s’adresser. Des couturières interviennent aussi.
Apprendre à réparer soi-même
« On montre aux gens comment réparer leur matériel. Le but du jeu, c’est qu’ils ne jettent pas leurs appareils en panne, mais qu’ils osent les démonter et arrivent à se débrouiller tout seuls pour les remettre en marche », indique Félix, technicien au service après-vente d’Orange, co-responsable de l’activité depuis deux ans (il propose aussi du soutien informatique au Foyer).
Au Foyer de Grenelle, seul centre social du XVe arrondissement, une trentaine de personnes de tous âges se présentent à chaque ouverture du Repair Café. Il y a celles qui se soucient d’écologie, celles qui sont en situation de précarité, et celles qui ont un lien affectif avec leur appareil. « Elles y sont attachées, ça peut être un magnétophone des années 1980 parce qu’elles ont encore des cassettes, une petite radio qu’elles avaient dans la cuisine depuis toujours », explique Félix. Quand à Christine, co-responsable, elle rédige les fiches à l’accueil pour chaque objet à réparer, « avec l’heure d’arrivée pour éviter les chamailleries ».
Le concept séduit de plus en plus d’habitants du quartier, « les gens se rendent compte, quand ils viennent chez nous, que parfois c’est une panne assez simple, un fil à ressouder, et qu’ils s’apprêtaient à jeter un appareil réparable », relate Félix.
Donner de son temps et un sens à sa vie
Pour Félix, offrir de son temps et de ses compétences pour aider les autres, c’est naturel. La réparation est une passion et elle ne date pas d’hier : « J’ai toujours réparé, depuis tout petit, parce que j’avais des frères qui réparaient, un père qui réparait, je suis né dedans, c’est mon plaisir. J’ai toujours aidé les autres, dépanné à droite, à gauche. Et donc, maintenant que je suis en préretraite, je me suis dit : “Pourquoi ne pas aider Monsieur Tout-le-Monde ?” »
Quand Félix voit une personne repartir avec son matériel réparé, le sourire aux lèvres, il est satisfait, « ça fait du bien de voir les gens heureux ». La rencontre est essentielle parce que quand on répare un appareil pendant une demi-heure, forcément, on bavarde. « C’est quelque chose qui est génial. Moi, j’ai toujours aimé être entouré de personnes pour discuter ; on raconte nos petites histoires, nos ennuis quotidiens. On crée du lien et c’est très important. »
Pour Christine aussi, le bénévolat permet des rencontres, mais surtout de se sentir utile. Donner de son temps et de ses compétences, c’est aussi donner un sens à sa vie.
