Le système de santé français est un pilier central de notre modèle social. Il est construit autour de l’hôpital et du soin, reconnu pour la qualité de ses professionnels, l’excellence de ses établissements et sa capacité à garantir un accès aux soins largement ouvert à l’ensemble de la population.

Cependant, il ne correspond plus complètement aux défis du XXIᵉ siècle, avec le vieillissement de la population, les maladies chroniques, les tensions sur les ressources humaines, les difficultés d’accès aux soins dans certains territoires, et aussi les innovations majeures qu’il faut impulser.

Sans remettre en cause les grands principes, on peut les adapter pour les préserver : réorganiser le système à partir des territoires pour des soins de proximité, renforcer la prévention, mieux coordonner les professionnels et structurer les parcours des maladies chroniques, rendre la gouvernance territoriale plus opérationnelle, partager les systèmes d’information et protéger les ressources consacrées à la santé.

Le médecin généraliste doit redevenir le pivot du parcours de santé, avec des équipes pluriprofessionnelles d’acteurs du soin, qui auront pour objectif le renfort de la prévention, du dépistage et de la coordination des parcours.

Les citoyens ont évolué vers un accès plus facile aux soins, un meilleur accompagnement dans une médecine à la fois innovante, coordonnée et humaine, dans un paysage où les connaissances médicales ont énormément avancé.

Enfin, deux conditions restent essentielles : la confiance des professionnels et la stabilité du financement de ce système.

Thierry Philip, professeur de cancérologie, pour « L’œil de Réforme »

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