Il y a 120 ans, le 9 décembre 1905, était adoptée la loi de séparation des Églises et de l’État. Elle énonce un principe de liberté religieuse dont la garantie découle du principe de laïcité de l’État. Ce principe oblige l’État à la neutralité. Il n’oblige pas les personnes privées. Plus de 100 ans après la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (DDHC), le principe de laïcité vient imposer l’impartialité des pouvoirs publics.
Revenir aux textes est plus que salutaire s’agissant de la laïcité, trop souvent incomprise. L’article 10 de la DDHC proclamait déjà que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi ». Le retour au texte même des articles 1 et 2 de la loi de 1905 est capital pour éviter les contresens sur ce que le terme « laïcité » désigne.
Nombre de protestants, de par leur histoire mouvementée, ont été impliqués aussi bien dans les travaux préparatoires que dans la rédaction même de cette loi. Chaque mot a été pesé. Fêter la loi du 9 décembre 1905, c’est d’abord se réjouir de la clarté et de la concision de ses articles majeurs. Ainsi l’article 1er dispose : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées dans l’intérêt de l’ordre public ». En conséquence dispose l’article 2 : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ». Ajoutons qu’en revanche les citoyens doivent reconnaître les lois de la République quelle que soit leur confession.
En un temps où l’on est atterré par le mépris du droit international et le chaos qui en découle, revenir au respect des libertés et droits fondamentaux comme le principe de laïcité s’impose.
Christine Lazerges, ancienne présidente de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, pour « L’œil de Réforme »
