Cette conférence a été donnée par Fifamé Fidèle Houssou Gandonou, pasteure béninoise et théologienne spécialiste de l’éthique féministe. À partir de son parcours académique, pastoral et de terrain, elle a montré en quoi les inégalités faites aux femmes interrogent profondément la justice sociale, les traditions religieuses et la responsabilité des Églises, ouvrant des chemins de désencerclement, d’émancipation et de transformation collective.
Déconstruction des citadelles masculinistes
La déconstruction des « citadelles masculinistes » constitue le point de départ éthique de la réflexion de Fifamé Fidèle Houssou Gandonou. Par cette expression, elle désigne l’ensemble des structures sociales, culturelles, religieuses et symboliques qui ont progressivement naturalisé l’infériorité féminine et légitimé la domination masculine. Ces citadelles ne relèvent ni de la biologie ni de la volonté divine, mais sont des constructions historiques patiemment édifiées au fil des siècles. L’autrice montre comment le sexe biologique a été instrumentalisé pour produire le genre comme système de pouvoir, assignant à la femme un destin social de subordination. Cette analyse rejoint la pensée de Simone de Beauvoir selon laquelle la condition féminine est socialement construite. En contexte africain, ces citadelles se manifestent notamment à travers la polygamie, l’exclusion des […]
