Périclès a écrit qu’un peuple pouvait se juger à la manière dont il ensevelissait ses morts. On peut élargir cette citation et penser qu’une civilisation peut se juger à la façon dont on meurt en son sein. Autrefois, la belle mort était celle dont on disait : « Heureusement, il a eu le temps de se préparer. » Aujourd’hui, la belle mort est de s’endormir le soir et ne pas se réveiller le matin, mourir sans s’en apercevoir.
Quand on demande à ceux qui sont en bonne santé s’ils envisagent de vivre une vie dégradée, la plupart répondent qu’une bonne piqûre est préférable à une vie dépendante. Mais quand la question se pose dans le réel, on observe une position plus nuancée. Il suffit de fréquenter les centres de soins palliatifs et les établissements accueillant des personnes en situation de handicap pour s’apercevoir que les demandes d’euthanasie sont très rares.
Exception d’euthanasie
Je me souviens avoir interviewé le responsable d’un établissement qui accueillait des malades atteints du syndrome d’enfermement. La personne est totalement paralysée et ne peut communiquer que par des mouvements oculaires. Une étude a demandé à ces patients si leur vie valait la peine d’être vécue, 70 % d’entre eux ont répondu oui. J’ai du mal à comprendre ce résultat, mais je me dois de l’entendre.
Cependant, une infime minorité était en demande d’euthanasie et on doit prendre ces demandes en considération, c’est pourquoi je me retrouve assez bien dans la position de la commission d’éthique de la Fédération protestante des années 2000 qui parlait […]
