Lionel Jospin, qui vient de disparaître à l’âge de 88 ans, comptait parmi les responsables politiques ayant agi d’une façon remarquable, honnête, portant une parole de vérité. Certes, nombre de nos concitoyens ne partageaient pas ses décisions, certains lui reprochant même d’avoir masqué son engagement de jeunesse chez les trotskistes. Mais la plupart des Français lui reconnaissaient une éthique de responsabilité peu discutable.
Cet homme politique aura d’abord marqué son époque par un souci constant de réalisme et de fidélité. S’il a, par la force des choses, en 1983, parlé d’une parenthèse de rigueur, ce socialiste de conviction a presque toujours voulu concilier les exigences qu’imposent les responsabilités politiques avec la volonté de réduire les injustices et les inégalités. Alors, oui, en 2002, le Premier ministre qu’il était a fait, comme on dit, “une mauvaise campagne”. Candidat socialiste malheureux à la présidentielle, il avait annoncé son retrait de […]
