Le dernier rapport des Petits Frères des Pauvres constate que « l’isolement extrême des aînés explose : 750 000 personnes âgées sont aujourd’hui en situation de mort sociale ». Il estime que « si rien n’est fait, ce chiffre pourrait dépasser le million d’ici 2030 ». La mort sociale est constatée lorsqu’une personne n’a plus ni famille, ni amis, ni voisins, ni contact avec une association. Entre 2017 et 2025, le nombre des personnes concernées a doublé.
On sait aujourd’hui que même les arbres tissent des relations entre eux et avec le vivant qui les entoure. C’est aussi la richesse et la diversité des relations humaines qui assurent la bonne santé de la société. On essaie pourtant de nous faire croire que cette dernière dépend d’abord du pouvoir d’achat. Si les écrans et le nombre de chaînes que peuvent s’offrir nos aînés parviennent à les distraire, la télévision ne remplace pas la présence humaine. Les chats et les chiens sont de meilleures prothèses affectives !
Sur l’infographie en cercles concentriques du rapport, l’Église fait partie du quatrième cercle, après la famille, les amis et les voisins. Mais on s’y fait des amis et même des frères, si l’on croit à l’Évangile. Nos communautés ecclésiales et les œuvres qu’elles soutiennent se démènent depuis longtemps pour apporter du secours et un peu de chaleur humaine aux défavorisés de notre société. L’alerte du rapport des Petits Frères des Pauvres nous exhorte à encore plus d’engagement, car il révèle qu’il y a pire que la pauvreté matérielle : l’isolement.
C’est sans doute un défi politique, mais c’est avant tout l’affaire de tous. Parmi les bonnes résolutions pour la nouvelle année, comptons les personnes isolées auxquelles nous ferons le don d’une visite régulière ou, à défaut, d’un appel téléphonique.
Charles-Daniel Maire, ancien président du Collège des institutions, œuvres et mouvements de l’Église réformée en Centre-Alpes-Rhône, pour « L’œil de Réforme »
