Daniel Bourguet avait des origines cévenoles protestantes bien ancrées : un oncle, pasteur de l’Église réformée, fut président du Conseil national. Mais cet enracinement n’a pas été pour lui un enfermement. À la faculté de théologie protestante, à l’École biblique de Jérusalem chez les Dominicains, lors de son année d’études à Heidelberg, il eut l’occasion de prendre la mesure de l’universalité de l’Église et du travail œcuménique au plan théologique et spirituel.
Pasteur, d’abord en Haute-Loire à Tence, c’est là que j’ai eu l’occasion de le rencontrer pour la première fois en 1977. Alors que j’étais jeune frère de Reuilly, travaillant au Cameroun, cette rencontre m’a permis de faire la connaissance d’un pasteur en recherche d’une vie monastique. Et, entre 1978 et 1982, une petite communauté de frères, dont Daniel et moi étions membres, a ainsi pu mener une vie de prière et de service, au Mazet-Saint-Voy. Puis Daniel a suivi un autre chemin : une thèse de doctorat sur le prophète Jérémie, un temps d’enseignement d’Ancien Testament à la faculté de théologie de Montpellier, sa nomination comme prieur de la Fraternité des Veilleurs entre 1991 et 2012. Ce mouvement spirituel, sorte de « tiers ordre » (association de fidèles s’inspirant, le plus souvent, d’une même règle, NDLR) protestant fondé à Paris en 1923 par le pasteur Wilfred Monod, met l’accent sur la prière – les membres sont invités à se […]
