En décembre 2024 a été lancée l’Université populaire des religions à Nîmes. Son activité a réellement débuté en mars 2025. Ouverte à tous, elle cherche à transmettre des savoirs liés au fait religieux afin de dépasser les préjugés. Par ailleurs, l’automne prochain, je suis invité par une association locale tout ce qu’il y a de plus laïque à donner une série de cours sur le protestantisme. Certes, l’intérêt socio-culturel pour le fait religieux n’a rien de nouveau. Toujours est-il qu’il se trouve encore des gens pour s’en étonner, sous prétexte que plus personne aujourd’hui, dit-on, ne s’intéresserait à la religion.
Non seulement c’est faux de le dire, mais c’est aussi nocif. Car cela laisse entendre que le fait religieux serait l’apanage des seules religions et que l’intérêt pour la chose chrétienne devrait forcément avoir un lien structurel avec les Églises. Or la mission de l’Église n’est-elle pas, entre autres, de reconnaître que l’Esprit de Jésus souffle où il veut, quand il veut, et comme il veut ?
Ouvrir les yeux sur mon prochain, découvrir son vécu, entendre sa quête, partager ses découvertes… Tout cela me confirme qu’un décloisonnement spirituel est urgent.
Dieu suscite, hier comme aujourd’hui, des croyants bien au-delà et en dehors des Églises, ce qui rend paradoxalement l’existence de celles-ci d’autant plus pertinente, à condition qu’elles se libèrent de certaines œillères, et il y a urgence. Faire connaître largement le fait religieux, dans l’Église et hors de l’Église, ne peut que contribuer positivement à lutter contre certains obscurantismes. L’Université populaire des religions à Nîmes a heureusement de beaux jours devant elle.
Pierre-André Schaechtelin, pasteur, pour « L’œil de Réforme »