Acte I : « Je vous donne un commandement nouveau »
Les disciples et Jésus sont réunis dans la chambre haute d’une maison à Jérusalem. Ils s’apprêtent à prendre un repas – la Cène –, le dernier qu’a pris Jésus avec ses disciples avant sa crucifixion.
Celui-ci commence par choquer ses compagnons en leur lavant les pieds avant de passer à table. Ce geste servile est une marque d’affection profonde, l’indication aussi que l’amour n’est pas seulement une affaire de cœur, mais aussi – et surtout – de gestes! Le repas qui suit est marqué par l’annonce de la trahison de Judas. Celle-ci aura de terribles conséquences, à la fois pour Jésus‑Christ et pour le traître, qui se donne la mort le lendemain de son forfait.
C’est dans ce contexte où se mêlent tendresse et trahisons que Jésus, s’adressant à ses disciples, leur donne ce fameux «commandement nouveau»: «Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres.» Il veut, par là, insister sur le fait que l’amour n’est pas une option, un sentiment léger qui sied aux poètes, aux jeunes tourtereaux ou aux rêveurs. L’amour est une puissance dont nous peinons à mesurer la force.
La force relationnelle qui régit l’univers
Albert Einstein écrivait à sa fille, dans les derniers mois de sa vie: «Il y a une force extrêmement puissante pour laquelle, jusqu’à présent, la science n’a pas trouvé d’explication formelle. C’est une force qui inclut et régit toutes les autres et crée même chaque phénomène qui opère dans l’univers et que nous n’avons pas encore identifiée. Cette force universelle est l’amour.»
L’amour est l’essence même de la personne divine. Dieu est amour! En nous commandant d’aimer, Jésus nous invite à entrer dans la sphère du divin. Et l’amour divin ne se limite pas aux amitiés sans nuages. Il nous confronte à des situations souvent douloureuses et difficiles. Il nous apprend à espérer, pour nous-mêmes et pour les autres. Car sans espérance, l’amour lui-même n’est-il pas vain?
Acte II : « Que votre cœur ne se trouble point »
Les mauvaises nouvelles abondent chaque jour, sans cesse relayées par les médias. L’inquiétude est devenue une sorte d’habitude sociale. Les tentatives de la contrer sont diverses: colère, dépression, pessimisme, cynisme ou mysticisme. La peur de l’avenir est humaine et les disciples eux-mêmes l’ont éprouvée devant l’annonce incompréhensible du départ de Jésus. «Quoi, il s’en va? Mais où? Mais pourquoi?»
Un appel au calme
«Que votre cœur ne se trouble pas. Croyez en Dieu et croyez aussi en moi!»: ces paroles de Jésus n’ont pas réussi à les calmer, car ils n’en ont pas saisi la profondeur. Cela montre combien il est parfois difficile, et ce même pour les très proches de Jésus, de rester confiants lorsqu’on vacille dans nos certitudes.
Thomas, l’un des disciples, exprime sa consternation: «Seigneur, nous ne savons pas où tu vas!» Il se fait le miroir de nos propres interrogations devant les mystères célestes et notre peur du lendemain: guerres, climat, économie, etc. Mais à la différence des disciples à ce moment-là du récit, en lisant les Evangiles, nous pouvons connaître la suite de l’histoire: (spoiler alert!) Jésus-Christ est ressuscité et le Saint-Esprit leur a été envoyé pour les rassurer.
Se reposer sur Dieu
Ce texte montre combien, au lieu de vouloir présumer de l’avenir, il est sage de nous confier dans les promesses de Jésus déjà réalisées. Car Jésus promet la venue d’un consolateur: le Saint-Esprit. Il promet la présence de Dieu en chacun qui croit en lui et offre ainsi gratuitement une présence rassurante et consolatrice. Une présence invisible qui aide à trouver la force de vaincre les épreuves, comme une batterie de secours pour l’âme. Pâques invite à méditer toutes ces paroles avec gratitude, en nous endormant sans crainte, parce que le Dieu de l’espérance est là pour nous remplir de toute joie et de toute paix.
Acte III : « Je vous laisse ma paix »
Les disciples ont tout abandonné pour suivre Jésus de Nazareth. Son enlèvement au ciel pouvait donc être ressenti comme un abandon. Mais Jésus les a rassurés: son départ n’était pas une fin en soi, mais l’amorce d’une nouvelle réalité dont ils allaient bientôt goûter
les fruits.
Pour une joie à venir
«Je m’en vais, leur dit-il, mais je ne vous laisserai pas orphelins.» Comme il l’avait déjà affirmé plus tôt, «je vais vous préparer une place. Et, lorsque je m’en serai allé et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi.»
Ces paroles n’ont pas été pleinement comprises des disciples, qui auraient préféré que l’aventure se poursuive pour leur plus grand bonheur «terrestre». Mais Jésus n’avait qu’un seul but: le bonheur céleste, une joie profonde que rien ne peut briser, ici et maintenant.
Quelle paix ici-bas ?
«Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne.» Mais qu’est-ce donc que cette paix différente? Ce n’est pas une paix circonstancielle, dont le maintien repose sur la fragilité des bonnes intentions humaines. C’est la paix profonde, celle dont parlait le […]
