Quand je vois comment les mollahs – les responsables religieux chiites –assassinent la jeunesse iranienne sous prétexte qu’elle réclame un peu de liberté, j’ai honte d’être croyant.

Quand j’apprends que le patriarche Kirill, la plus haute autorité orthodoxe en Russie, bénit les missiles qui tombent sur la population civile ukrainienne, j’ai honte d’être croyant.

Quand j’entends Donald Trump instrumentaliser la religion en proposant de consacrer à Dieu l’Amérique blanche et raciste, j’ai honte d’être croyant.

Ces exemples et bien d’autres me poussent à devenir athée, un athée convaincu, résolu, militant, qui ne veut plus rien avoir à faire avec une quelconque forme de religion.

Avant d’abandonner définitivement ma foi chrétienne, j’ouvre une dernière fois l’évangile et je lis que ceux à qui Jésus a adressé les paroles les plus sévères sont les religieux de son époque.

Je lis que ceux qui ont livré Jésus aux Romains pour que ces derniers le fassent périr de la pire mort qui soit étaient les autorités religieuses de Jérusalem, spécialistes des Écritures.

Je lis que Jésus a craché son mépris aux grands prêtres qui étaient les maîtres du temple en leur disant que les péagers – les collaborateurs des occupants romains – et les prostituées les devancent dans le royaume de Dieu (Mt 21.31). Ces passages me rattrapent par les oreilles et me rappellent que tout est dans les évangiles.

J’ai honte d’être croyant, mais j’entends que Jésus partage et nourrit mon indignation devant cette perversion de la religion. Au-delà de ma honte et de mes larmes, il ne me reste plus qu’à continuer à lire l’Évangile et espérer contre toute espérance qu’en matière de religions, le pire n’est pas inéluctable.

Antoine Nouis, conseiller théologique, pour « L’œil de Réforme »

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