Des pailles et des poutres. En plein dans « L’œil… de Réforme »…

Depuis la création de notre petite lettre quotidienne, nous avons relevé plusieurs défis : celui d’être au rendez-vous chaque matin, celui de mêler des idées parfois très éloignées les unes des autres, celui de s’écouter et de se répondre dans notre disputatio du samedi matin, celui de respecter celle ou celui qui écrit l’exact contraire de ce que je pense, celui de tout faire pour ne pas entièrement nous dévorer les uns les autres.

Des pailles et des poutres. Bien dans « L’œil… de Réforme »…

Et cela ne va pas s’arranger : avec Israël et Gaza, la guerre contre la Russie (si elle envahit un État balte), les municipales et la présidentielle dans la foulée, les occasions ne vont pas manquer de nous diviser, détester, déchirer.

Alors, le mur de l’intolérance est bien face à nous, et on fonce dedans ? J’ai raison parce que tu as tort ? J’ai honte de toi parce que j’ai raison ? J’ai bien l’intention de te faire taire ? Et bien sûr, au passage, j’oublie ma foi protestante, mes valeurs, ma liberté de conscience. Sola horribilitas. Je parle et j’écris pour moi-même, en trempant ma poutre dans la paille de la détestation des autres…

Voilà pourquoi nous vous proposons ces quelques lignes chaque matin dans « L’œil » : pour sortir de ce gouffre, pour écouter et penser l’autre. Pour revenir dans l’étable ?

Je ne sais pas vous, mais je n’en peux plus de l’emprise de la bonne conscience, de mes bons sentiments, de mes leçons assénées, de ma peur de l’autre, surtout l’étranger, de l’arrogance de mes certitudes. C’est pour nous garder de cela que nous ouvrons « L’œil » chaque matin. Sinon à quoi bon ? Fermons-le.

Mais si nous le gardons bien ouvert, plutôt que de pester dans votre coin, réagissez, intervenez, envoyez-nous des disputatio, demandez aux jeunes, aux femmes, aux timides de votre entourage d’oser et de nous écrire des textes. Et vous-mêmes, rejoignez-nous. Partagez le lien de « L’œil ». Et tous ensemble, demandons-nous : « Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? » (Matthieu 7.3).

C’est dit : regardons-nous les uns les autres, et nous irons mieux.

Joyeux Noël

Jean-Michel Carpentier, responsable éditorial de « L’œil de Réforme »

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