S’intéresser au récit de Pâques, c’est aussi se replonger dans le récit d’une trahison multiple. Chronologiquement, avant la Croix et la victoire de la Résurrection, la fête la plus importante du christianisme met en lumière une corruption profonde : celle de Judas, certes, mais surtout celle d’une élite religieuse qui, par fanatisme et soif de pouvoir, sombre dans une dérive littéralement « antichristique ». Pour éliminer celui qui les dérange, ces chefs religieux n’hésitent pas à s’acoquiner avec l’occupant romain et fomenter un complot. La fin justifie les moyens. Et la corruption du cœur s’accompagne, comme toujours, d’une corruption financière – les trente deniers de Judas restant à jamais le symbole de ce troc de l’âme.
Quand la religion sert des intérêts politiques
Cette tentation de récupérer la parole de Dieu pour servir des intérêts terrestres n’est pas l’apanage des pharisiens d’autrefois. Elle traverse les âges et notre époque n’est pas épargnée. Alors que les tensions mondiales s’exacerbent, nous assistons près de chez nous à une polarisation où les extrémismes simplistes et radicaux gagnent du […]
