Face à la complexité de l’actualité, à quoi peut-on se fier pour éclairer notre réflexion, se documenter sur un débat d’idées ou encore discerner l’option qui nous correspond le mieux ? Poser ainsi la question, c’est la poser de manière partielle, car elle nourrit l’illusion que l’on pourrait se fier à une source infaillible sans faire un détour par le doute.

Or, dans notre quête de sens, c’est justement au doute qu’il nous faut faire appel pour avoir quelque chance de faire une authentique expérience de confiance et de vérité. Le doute est cette posture critique qui questionne la véracité de ce qu’on cherche à nous faire croire, et qui ose se distancer des idées reçues.

Ainsi, le Christ n’a cessé de déconstruire des discours convenus, de mettre en doute ce qui semblait évident à certains et de réinterroger l’interprétation traditionnelle des Écritures. Si les Écritures témoignent du vivant, les écouter exige un travail minutieux qui passe par l’exercice du doute, et qui permet ensuite à la confiance d’advenir. Grâce au doute, il est possible d’interroger les représentations hasardeuses du divin qui nous collent inévitablement à la peau, et qui sont revendiquées, parfois par nous-mêmes, comme paroles d’Évangile.

Alors que se termine dimanche la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, rappelons que sans le doute sur notre propre tradition comme sur celle de l’autre, la confiance mutuelle ne restera qu’un idéal inaccessible. Interroger l’autre et se remettre soi-même en question sont deux formes de doute face à nos certitudes, qui feront grandir entre nous une confiance à la fois plus saine, plus sereine et plus créative. 

Pierre-André Schaechtelin, pasteur, pour « L’œil de Réforme »

S’abonner à « L’œil de Réforme »