La parabole des « talents » est bien connue. Un maître qui part en voyage, des serviteurs qui se voient confier la gérance de ses biens. Les deux premiers font fructifier l’argent, le troisième l’enterre. Les deux premiers continuent leur chemin dans la confiance et la joie du maître, le troisième est jeté dehors. Mais au-delà de ce résumé, la parabole mérite une lecture attentive : Matthieu 25.14-30. Par sa longueur, cette parabole sur le royaume des cieux ou la venue du Seigneur soulève chez le lecteur diverses questions, auxquelles elle apporte – ou non – des réponses.

Que peut-on dire sur l’avenir ?

Nous sommes tous capables d’imaginer un événement futur décisif et apocalyptique. Le cinéma et l’actualité nous donnent toute la matière nécessaire. Et le Nouveau Testament, d’ailleurs, n’est pas en reste, lorsqu’il évoque des « signes extraordinaires » (Mt 24.24), un « éclair qui jaillit du levant et illumine tout jusqu’au couchant » (Mt 24.27), le soleil qui s’obscurcit, la lune qui perd sa clarté (Mt 24.29), etc. Ces images peuvent nourrir notre imagination, mais l’avenir n’en demeure pas moins quelque chose d’inaccessible.

On peut parler de l’avenir, mais il faut des comparaisons.

Le simple usage de paraboles pour parler de la venue du Seigneur nous dit quelque chose d’important. On peut parler de l’avenir, mais il faut des comparaisons. Certains pensent savoir précisément… mais Jésus dit : ce sera comme ceci, ce sera comme cela, ce qui est une façon de nous dire : vous ne pouvez pas le savoir précisément, mais il y a quand même des choses importantes que vous devez […]