Noël et Pâques restent les deux fêtes principales du calendrier chrétien. Tellement essentiel les qu’elles ont été imposées aux premiers convertis en « aménageant » d’anciens rites très populaires à l’époque. Pour faire simple, les solstices d’hiver et de printemps. Aujourd’hui ces rites païens ont donné naissance à des usages qui prennent le pas sur la signification chrétienne : en France, parmi tous ceux qui acquièrent œufs, poules, lapins et cloches en chocolat pour Pâques, combien connaissent le sens de leurs achats ?

Éléments favorables

Il est bien naturel, cependant, que pendant des millénaires les hommes aient marqué par des cérémonies le rythme des saisons et des récoltes, essentiel à leur survie. Que la crucifixion puis la résurrection du Christ prennent place au moment de la pâque juive n’est évidemment pas anodin. L’Ascension, quarante jours après Pâques et Pentecôte, cinquante jours après Pâques sont également des dates symboliques liées à des rites anciens.

Force est de constater que l’Ascension n’est plus guère célébrée dans nos temples, bien peu de cultes ont lieu ce jour-là. Il est vrai qu’un autre calendrier s’est imposé : celui des congés, avec le pont de quatre jours dont beaucoup de personnes profitent. Pentecôte bénéficie d’un phénomène en quelque sorte inverse, puisque le lundi férié (qui ne correspond à aucun besoin théologique) facilite le regroupement des familles. C’est une conjoncture d’éléments favorables qui, pour une fois, facilite la vie des paroisses. Pentecôte, calée d’après Pâques, a lieu fin mai ou début juin, et correspond donc à la fin de l’année scolaire, la même que celle du catéchisme.

Les Églises et leurs pasteurs peuvent proposer Pentecôte pour célébrer les confirmations de baptêmes ou baptêmes pour ceux qui ne l’avaient pas reçu. En fait, cette fête est idéale en termes de signification et de place dans le calendrier.

Tous apôtres

De disciples, les compagnons du Christ deviennent apôtres et sont appelés à évangéliser, à « parler en langues » pour s’adresser à tous les peuples. Le symbole du Saint-Esprit, représenté par une colombe, a été adopté par les protestants français pour orner leurs croix huguenotes. C’est dire si la signification de la fête convient aux catéchumènes qui décident de confirmer les vœux de leur baptême ou de se faire baptiser. Le culte s’adresse à de jeunes adultes, conscients des responsabilités de leur engagement. Devant la famille parfois élargie, c’est une réunion au sens large avec la famille spirituelle : les membres de la paroisse qui ont vu ces enfants grandir et progresser dans la foi. Pour les parents, moniteurs-monitrices, pour le pasteur, c’est aussi la satisfaction, cette année encore, d’avoir transmis. Et pour ceux qui ne souhaitent pas s’engager, il reste la phrase entendue lors du baptême : « si jamais il devait s’en séparer, sa place restera toujours marquée ».
Repas de famille et cadeaux sont d’habitude secondaires. Cette année si particulière marquera peut-être une différence, car il faut espérer (!) que nous serons sortis du confinement le 31 mai. Le
repas de famille qui suivra le culte autour de l’assemblée des fidèles marquera, on l’espère, le retour des relations sociales et familiales normales. Car il ne faut pas oublier que l’étymologie du mot Église signifie assemblée. Et nous avons hâte de pouvoir, à nouveau, nous rassembler.