Par Michel Delmas, Membre du conseil presbytéral de La Rencontre
« Nous vivons en un temps où la foi au Christ se trouve mise en danger principalement par ceux-là qui ont pour souci de la sauvegarder. Ils ont peur des changements touchant les attitudes établies au plan de la pensée et de la vie, ils tiennent les réformes pour des destructions et relégueraient volontiers le Christ dans une châsse d’or intouchable, et partant n’atteignant personne, immuable, et partant ne modifiant personne, ayant valeur éternelle et partant aussi éloigné qu’il est possible de notre réalité. »
Dorothee Sölle, Imagination et obéissance, 1968, p. 11-14.
Ces mots résument l’exigence de Sölle : refuser une foi « mise sous verre » et affronter le monde. Son christianisme est ouvert et engagé, ancré sur le terrain, et souvent très critique envers sa propre Église. Malgré des études brillantes en philologie, philosophie et théologie, et malgré une audience internationale, elle n’obtiendra pas de chaire en Allemagne et ne deviendra professeure honoris causa à Hambourg qu’en 1994.
Selon elle, le Christ appelle à une liberté qui oblige à chercher et oser son chemin dans chaque situation nouvelle : non l’obéissance, mais l’imagination. Le problème de la chrétienté serait d’être faite d’admirateurs plutôt que de disciples ; suivre le Christ est une forme sociale de la foi, ce qui la rapproche de […]
