De la toxicité à la bienveillance

Issu d’un foyer dysfonctionnel, j’ai involontairement perpétué ce schéma en fondant ma propre famille. Avec cinq enfants, mon épouse et moi pensions sincèrement être bienveillants, animés par la volonté de « faire mieux » et de réparer inconsciemment notre histoire. Pourtant, la réalité de notre foyer était faite trop souvent de cris, d’humiliations et de violence relationnelle. C’était notre « normalité ». Nous avions appris à aimer de manière toxique. Nous ne voyions pas la souffrance que nous nous infligions.
Le réveil fut brutal. Un jour, me voyant si odieux envers mes proches, j’ai plongé dans un désespoir tel qu’il m’a fait remettre en question le sens même de ma vie. C’est ce désarroi qui fut l’étincelle de ma quête pour le mieux-être et le bonheur familial, me menant à la découverte des valeurs de la bienveillance et de l’honneur.

Une formation dédiée a été le catalyseur : j’ai reçu des « graines de bienveillance » dans mon cœur qui ont absolument bouleversé et révolutionné mon existence. Ce chemin a transformé le plus concret de nos échanges. Là où régnait un regard lassé, plein de honte et sans espoir, est apparu un regard attentionné et confiant. Les relations méprisantes et moqueuses ont cédé la place au respect profond et à la confiance.

J’ai appris à poser des limites, à autrui et à moi-même, et j’ai compris que le conflit n’est pas une menace, mais une véritable école d’amour. J’ai cessé d’être une personne à tendance toxique pour devenir un « semeur de bienveillance », un artisan de résilience.
La bienveillance n’est pas innée, elle s’apprend. Pour moi, elle est l’écrin de la relation humaine.

Loïc Caro, coach et formateur, il anime des formations à la bienveillance avec Évelyne Frère-Datcharry.

Enseigner la bienveillance à l’école

Cela ne se limite pas à donner des cours de morale ou de savoir-vivre. Le véritable défi, pour moi, est d’incarner cette bienveillance sous toutes ses formes […]