J’ai d’abord ressenti une très grande insécurité. Pleurer en public, c’est ne pas savoir comment notre peine va être accueillie. Je préfère largement pleurer en présence d’une personne que je connais bien, dans l’intimité d’une maison. 

Pleurer en public, c’est donc de la vulnérabilité à l’état pur. 

Mais le pire c’était la honte. La honte persistante malgré la gentillesse de ces trois femmes. Pourquoi ai-je la larme aussi facile ? Et pourquoi ai-je eu besoin de pleurer alors qu’en mettant les lunettes roses de la gratitude, je peux aussi trouver ma vie géniale ?

Je te raconte cette expérience récente mais j’ai une foule de souvenirs de ce genre : j’ai pleuré dans des trains, dans des églises, dans la rue, en classe, en camp scout, dans des cars de retour de sorties trop intenses… Je suis de la team « fontaine » depuis toujours ! Si toi aussi tu en fais partie chère Fabuleuse, tu n’es donc pas seule !

Ces larmes publiques n’ont pas toujours été bien accueillies. 

En devenant adolescente, j’ai vite compris que cela ne se faisait pas. Mes amies m’ont partagé certaines phrases de leurs parents qui avaient construit chez elles des digues inviolables : « Allez, on prend sur soi », « Les grands, ça ne pleure pas »…

Mais voilà, je ne sais pas trop pourquoi, mes digues personnelles peuvent craquer. Elles existent, hein. Mais elles craquent par moments. L’inondation est […]