Ses pattes sont aussi poilues que toutes les pires bestioles du Fort Boyard. Elle te fixe avec ses yeux globuleux et surdimensionnés. Elle te poursuit même la nuit, et tu sais très bien qu’il n’existe que deux issues : soit tu l’avales toute crue, soit c’est elle qui finira par te bouffer.
Quelle conversation courageuse repousses-tu depuis trop longtemps ?
Récemment, j’ai tenté de déterminer dans mon journal quelle habitude concrète m’avait fait le plus progresser ces derniers temps. Bingo : le fait d’affronter des conversations inconfortables mais nécessaires est arrivé sur la première marche du podium.
Que l’on s’entende bien : oser une conversation courageuse, ce n’est pas mettre son mari, sa collègue ou sa mère au pied du mur, afin de lui cracher au visage toute l’amertume emmagasinée depuis des années.
Oser une conversation courageuse, c’est plutôt :
- s’autoriser à éprouver le malaise que l’on ressent dans une relation,
- faire le premier pas de proposer un rendez-vous au calme (“Viens, on parle”),
- affronter les symptômes physiques et psychiques du stress qui monte quand l’heure approche,
- trouver les mots pour lancer le sujet qui fâche,
- se taper la honte de la voix qui chevrotte ou des larmes qui pleuviottent,
- exprimer ce que l’on ressent sans accuser,
- écouter vraiment, même si ça pique fort […]

