Chloé et Geoffroy sont seuls dans la cuisine. 

Les enfants ont filé, tout est calme. La jeune femme renverse au-dessus de l’évier un petit amas de miettes récoltées dans la paume de sa main, tandis que son conjoint lui caresse le dos en passant. Il glisse lentement sur les hanches. Mouvement de recul : « Pas maintenant » dit-elle en soupirant. Geoffroy lève les yeux au ciel : « Incroyable, je n’ai même plus le droit de te toucher ». Il quitte la pièce, agacé. Fin de soirée.

Je reçois quelques jours plus tard ce couple sympathique qui me raconte la scène. Tous deux sont consternés. Geoffroy ne comprend pas la réaction de sa compagne, Chloé ne comprend pas qu’il ne puisse pas comprendre. Dans la cuisine à 19h30, une main sur les hanches, ce n’est pas ce dont elle a envie. Enfin, ce dont elle ne veut pas, c’est plutôt d’éveiller une promesse qu’elle ne saurait tenir« Car si je le laisse faire, me dit-elle, il va croire que je suis d’accord pour aller plus loin. Et à 22h, une fois au lit, c’est sur mes seins que ses mains se poseront. » Lui réplique : « Tu exagères. Je voulais te taquiner, te câliner. » Chloé s’énerve : « Tu parles. Je te laisse faire et puis après, paf ! Tu te dis qu’il y a moyen d’aller plus loin. Et si je ne veux pas ? Et si je ne veux plus ? Eh bien, je dois me justifier et toi tu râles, tu boudes. Ça me saoule. » 

En entretien, de nombreuses femmes se plaignent de ne pas recevoir suffisamment de gestes « tendres ». 

Et pourtant, dans un écho paradoxal, de nombreux hommes se plaignent de ne plus pouvoir en donner. D’où vient ce malentendu ? Comment […]