Longtemps, le divorce a été le « grand impensé » dans les milieux évangéliques, un tabou, voire un stigmate. On préférait souvent le silence à la rupture, le secret au scandale. J’ai moi-même grandi avec un père divorcé et remarié. Certaines personnes, imprégnées d’une théologie fondamentaliste, avaient refusé de se rendre à son deuxième mariage, n’approuvant pas cette union – sans laquelle je ne serais pas né – sans forcément connaître les raisons de son parcours, ni le détail de son histoire. La plupart avaient cependant fini plus tard par s’en excuser.

Entre idéal biblique et fragilité humaine

« C’est à cause de la dureté de votre cœur », disait Jésus à propos du divorce permis par Moïse. Le Christ place la barre de l’alliance au plus haut, à un niveau qui nous semble parfois inatteignable. Car l’humanité est ainsi faite : le couple est l’affaire de deux volontés, de deux aspirations, de choix – bons ou mauvais – qui ne dépendent pas toujours directement de l’autre. Malheureusement, l’union et […]