Doit-on forcément occuper les enfants ?

Doit-on forcément occuper les enfants ?

Vacances scolaires riment souvent avec activités pour nos chers petits. Mais est-il bien nécessaire de remplir systématiquement leurs journées ?

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Publié le 23 février 2018

Auteur : Laurence Roux-Fouillet

On le sait, les vacances sont faites pour « buller ». Mais pour les petits citadins, dont les deux parents travaillent, elles consistent souvent dans un changement de lieu, qui n’est pas forcément un changement de rythme. Le centre de loisirs remplace l’école et la journée se déploie avec son lot d’activités, sorties ou visites. Ou bien les parents ont cédé aux sirènes de la colonie de vacances high-tech qui alterne enquête policière, initiation au code et expériences de chimie – le tout en anglais.

Même si elles sont plus ludiques qu’à l’habitude, ces activités maintiennent à nouveau nos enfants dans le « faire » – et constituent quoi qu’il en soit une fatigue. Pour beaucoup de parents, l’oisiveté est l’ennemie de l’enfance et il faut absolument la remplir de choses à faire, apprendre, découvrir…, parfois dans l’espoir de les doter des meilleures chances pour l’avenir. Certes, ces activités participent à leur développement en stimulant leur curiosité, leur créativité, leurs compétences… Mais elles entretiennent aussi une sur-stimulation qui ne laisse que peu de place au non-faire, voire à l’ennui. L’ennui ? Le mot est lâché…

Vive l’ennui !

En effet, il faut impérativement à tout enfant des temps de vide. Et c’est certainement ce dont manquent le plus les petits écoliers du XXI° siècle. Formatés sur un emploi du temps scolaire, répartis entre différentes activités toutes plus productives les unes que les autres, la plupart des enfants n’ont aucun temps de répit. Ils vont – quand ils ne courent pas – d’un cours à un entraînement, d’une répétition à une leçon. Après cela, on s’étonnera que certains soient jugés hyperactifs !
Les temps de vide, de repos, sont d’abord nécessaires pour récupérer et pour permettre de passer avec facilité d’une activité à l’autre.  Ce moment de récupération est un temps-soupape, qui permet d’évacuer la fatigue mais aussi la pression et le stress de la journée. L’enfant peut enfin « souffler ».

Ensuite, tout enfant a absolument besoin de rêver. Il laisse ainsi libre cours à ses pensées, sans aucune retenue ni limite. Il est dans un temps où il ne doit obtenir aucun résultat, mais juste vivre le plaisir de l’instant. Quelle joie de gribouiller sur une feuille, de se balancer sur une chaise en suçant un bouchon de stylo, de fredonner en se tortillant les cheveux, de regarder défiler les nuages, de s’allonger par terre en comptant les lézardes au plafond ou ses doigts de pieds ! Toutes choses qui lui sont refusées dans la journée – et dont le champ des possibles se réduira avec l’âge. Pendant ces instants improductifs, l’enfant exerce aussi sa réflexion et intègre inconsciemment ses expériences récentes.

Je vous suggère vivement de répondre le moins possible à l’antienne favorite des enfants : « Je m’ennuie, qu’est-ce que je pourrais faire ? ». D’abord parce que ce n’est pas à vous mais à votre petit de trouver ce qui lui convient, ce dont il a envie. Cela l’habitue à choisir pour lui. Et ensuite parce que c’est à force d’être confronté à cet ennui qu’il trouvera la force ou l’imagination pour le dépasser. Tout seul. A première vue, les enfants détestent s’ennuyer. L’ennui les renvoie à la solitude, à l’inactivité – encore plus durement considérée quand on considère le nombre d’activités qui s’offrent potentiellement à eux.
Le voyage au bout de l’ennui débouche généralement sur des trésors d’inventivité, des ressources inépuisables d’imagination : le lit devient un bateau, le salon une terre inconnue et un tube en carton se transforme tour-à-tour en longue vue, épée, baguette magique ou porte-voix… Un degré de dépassement que l’enfant n’aurait pas pu atteindre s’il avait été immédiatement comblé avec une activité que vous lui auriez proposée. D’autres vont se tourner vers des activités manuelles qui vont les absorber pendant des heures : dessin, collage, perles, pâte à sel… Ou rien.
Dans ce domaine, soyez un modèle : montrez que l’on a aussi le droit de se reposer, de prendre des vacances, de ne rien faire. Et ne lui en imposez pas trop.

Comment faire ?

– Si votre enfant est trop jeune pour rester seul – et si vous ne pouvez pas faire autrement, limitez le centre de loisirs à quelques jours et alternez avec des journées passées chez les grands-parents, les cousins ou la mère d’un copain (lequel copain viendra bien évidemment chez vous en retour – déjà deux jours de gagnés !). Prenez, vous-aussi, quelques jours pour rester avec lui. Pas pour vous ruer dans un parc de loisirs mais pour en profiter pour ne rien faire – l’oisiveté, c’est contagieux !
– S’il est plus autonome, laissez-le dormir le matin – et encore plus si c’est un adolescent. Il en a besoin. Prévoyez quelques activités et laissez-le gérer le reste.
– Ne cédez pas pour autant à l’appel des écrans. Limitez la console ou le téléphone à quelques heures, impérativement.
– Exigez qu’il sorte une fois par jour. C’est lui qui décide : aller voir un copain/une copine, aller à la bibliothèque, jouer au ballon dehors, faire du vélo…

Vous n’êtes pas de moins bons parents si vos enfants ne sont pas sans cesse occupés. Et ces derniers reprendront d’autant mieux l’école s’ils ont pu vraiment lâcher-prise, en s’autorisant des journées sans objectifs.

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