Et si je donnais (aussi) du temps aux autres ?

Et si je donnais (aussi) du temps aux autres ?

Ça vous taraude depuis quelque temps : vous aimeriez bien vous engager pour les autres. Faire quelque chose dans ce monde où tout va mal. Mais comment ? Embrasser une cause, faire du bénévolat, aider ceux qui n’ont rien ? Comment choisir ?

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Publié le 15 septembre 2017

Auteur : Laurence Roux-Fouillet

Cet article fait partie de mes petits paradoxes personnels et assumés. Il y a deux semaines, je vous proposai (égoïstement ?) de prendre du temps pour vous. Aujourd’hui je vous invite à en donner aux autres. Est-ce incohérent ? Non, c’est la nouvelle tendance « et en même temps » : je prends du temps pour moi « et en même temps » j’en donne aux autres. L’un n’empêche pas l’autre, et tout est, à nouveau, une question d’organisation.
Mais avant de vous lancer tête baissée ou fanion au vent pour une bonne cause, il y a quelques questions à se poser pour s’y retrouver dans la jungle des bonnes actions possibles – et ne pas renoncer faute d’intérêt.

Comment s’y retrouver ?

Demandez-vous d’abord : qu’avez-vous envie de faire ? Deux tendances : faire la même chose que ce que l’on fait actuellement (comme les DAF ou autres comptables qui deviennent trésorier d’une association ou les enseignants qui s’engagent dans le soutien scolaire) ou faire quelque chose de radicalement différent, qui nécessitera peut-être même de se former ou de redevenir « débutant » dans un domaine. Un ancien DG fera preuve d’une certaine humilité en apprenant à nouveau à tenir un stock de denrées alimentaires sur Excel…et surtout à le ranger !

Deuxième question importante : de combien de temps disposez-vous ? Le bénévolat n’est pas réservé aux retraités. Pourtant, beaucoup de salariés estiment que leur organisation professionnelle et/ou familiale ne leur permet pas de dégager du temps régulier – et encore moins aux mêmes horaires. Ils se pensent donc exclus du bénévolat. C’est une idée fausse. Certaines ONG recherchent des personnes qui peuvent donner un volume d’heures à un moment donné (ex. : pour peindre une salle dans un hôpital, pour préparer du fret…) ou qui peuvent même travailler à distance. Eh oui, les associations recherchent aussi des marketeurs, des web master, des Community managers et des experts des réseaux sociaux !
Salariés, interrogez votre responsable des ressources humaines. Si vous êtes dans une grande entreprise, elle a peut-être une fondation – ou une ONG qu’elle soutient. Elle peut dès lors vous mettre en relation pour des actions précises, dont certaines peuvent même être menées sur votre temps de travail.

Ensuite : voulez-vous agir localement ou à l’étranger ? Avez-vous envie d’un contact direct avec les publics que vous aidez, ou la seule l’idée de savoir que votre action a porté ses fruits vous satisfait-elle ? Parce qu’il peut être parfois déroutant de remplir des cartons ou des enveloppes à longueur d’après-midi, sans « retour direct » sur cette partie de l’action.
Il est également important de s’interroger sur ses limites. Tout le monde n’est pas capable de tout supporter. Etre en contact avec la précarité, le désœuvrement, la grande pauvreté, la violence, la maltraitance des enfants, la souffrance, la maladie, le handicap, la vieillesse…est bouleversant pour n’importe qui. On se fait aussi des idées préconçues sur les publics. Or, les personnes confrontées aux grandes difficultés de la vie peuvent avoir un relationnel parfois déroutant. Il ne suffit pas toujours de créer du bon pour recevoir du bon. Beaucoup d’associations forment leurs bénévoles ou accueillants à vivre ces situations. Mais si elles sont pour vous anxiogènes, ou si vous avez du mal à gérer la relation, dites-le. Préférez des fonctions-support : administration, informatique, intendance… Vous y apportez aussi votre pierre.

Où s’adresser ?

Je serai tentée de vous dire : d’abord dans votre église locale, qui doit mener des actions ciblées, la plupart du temps pilotées par l’Entraide. Au niveau national, la Fédération de l’Entraide protestante recense la plupart des actions régionales. Quant au Carrefour de l’engagement protestant il est une plateforme qui met en relation bénévoles et associations ; il propose même quelques offres d’emploi ou des services civiques.
Ensuite, tournez-vous vers votre mairie. Que ce soit pour repérer des associations qui ont des besoins locaux, ou pour rencontrer les bénévoles de France Bénévolat. C’est un peu le Pôle-Emploi de tout bénévole en devenir ! Entretien, fiche de poste, mise en relations entre des associations demandeuses et des bénévoles chercheurs… France Bénévolat est un excellent lieu-ressource. Et pendant une période de recherche d’emploi, le bénévolat régulier peut même être valorisé à travers une VAE (validation des acquis de l’expérience).

Enfin, si vous souhaitez une action plus nationale ou internationale, il vous faudra contacter les « grandes enseignes » : Croix-Rouge, Emmaüs, Association des Paralysés de France, Visiteurs médicaux dans les établissements hospitaliers… A partir de leur site, vous identifierez facilement leurs délégations locales.
Prenez le temps de la réflexion, demandez à faire une période d’essai – ou à suivre une équipe pendant quelques semaines. N’hésitez pas à interroger votre référent associatif si vous avez des doutes, des interrogations ou incompréhensions. Le bénévolat est constitué de nombreuses petites tâches parfois ingrates. Il est important d’avoir un retour sur l’action globale : allez aussi aux réunions ou aux assemblées générales pour rester informé, au-delà de ce que vous faites.

Est-ce réellement désintéressé ?

Qu’il s’agisse d’engagement social, militant, éducatif, solidaire, écologique…il n’y a bien entendu aucune contrepartie financière – éventuellement des remboursements de frais avancés pour le compte de l’organisation. La France est riche de près de 13 millions de bénévoles* qui donnent de leur temps souvent « sans compter ». Pour autant, chacun trouve dans le bénévolat sa place et sa satisfaction. Car si cette activité est « hors du secteur marchand », elle offre toujours un « retour sur investissement » à celui qui s’y engage. Ma grand-mère disait : « Quand on a reçu, il faut donner », illustrant l’une des motivations du bénévolat : le partage et la solidarité. Elle ne sont pas les seules, et il faut avoir conscience qu’il est parfaitement normal d’attendre quelque chose de cet engagement. Chacun vient y chercher quelque chose, comme par exemple :

  • une occupation, une manière de rester actif,
  • une occasion d’exercer des savoir-faire, qui renforce la confiance en soi,
  • une quête de sens – surtout quand on a un métier peu satisfaisant – qui génère de la fierté,
  • des contacts humains, de la chaleur, un esprit de groupe, voire le besoin de se sentir apprécié, qui comblent le besoin « d’appartenir »,
  • la sensation de se sentir utile ou de participer à quelque chose de « plus grand que soi », qui renforcent l’estime de soi,
  • la défense de ses valeurs : solidarité, humanisme, empathie, vivre ensemble…
  • la volonté de laisser une trace…

Allez, c’est le moment de vous lancer, pour transformer vos convictions en action !

* Source : Enquête Recherches & Solidarités, La France Bénévole 2016.

Contacts :
Fédération de l’Entraide protestante : http://www.fep.asso.fr
Carrefour de l’engagement protestant : http://www.engagement-protestant.fr/
France bénévolat : www.francebenevolat.org

Soutenir, donner :
Solidarité protestante : https://www.solidariteprotestante.be/
La Fondation du protestantisme : http://fondationduprotestantisme.org/

En cette période où nos compatriotes ultra-marins sont victimes de catastrophes climatiques, un tel article ne saurait être complet sans indiquer une manière de les aider :
– Avec la Croix-Rouge. Cliquer ici pour faire un don.
– Avec l’Unicef. Cliquer ici pour faire un don.

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