Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé, dimanche 1er février, que le futur défenseur des droits des enfants serait nommé « en mars-avril ». « J’ai deux noms en tête » mais « d’abord, on va modifier les textes réglementaires », a-t-il précisé. Ce défenseur des droits des enfants sera rattaché au ministère de l’Éducation. « Toute personne pourra le saisir d’une question, lui signaler une suspicion mal prise en charge, que ce soit sur le temps scolaire ou périscolaire », avait détaillé le ministre mercredi 28 janvier, ajoutant qu’« il faut qu’il y ait en quelque sorte un guichet unique ». Par ailleurs, le ministre de l’Éducation a annoncé que les « contrôles d’honorabilité » mis en place en 2016, pour vérifier le casier judiciaire et l’inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais) des nouveaux personnels de l’Éducation, doivent être réitérés « tous les trois ou cinq ans », rapporte Le Parisien.
Après l’affaire Bétharram en 2024, plusieurs affaires de violences sexuelles secouent le périscolaire parisien depuis 2025. Dans une émission diffusée jeudi 29 janvier, « Cash Investigation » a aussi révélé des faits graves dans des établissements privés dans le Haut-Rhin et en Vendée, rappelle franceinfo. Le ministre a indiqué que la justice avait été saisie de « tous les actes individuels qui étaient mentionnés » dans l’enquête publiée par France 2 pour « qu’il puisse y avoir des poursuites individuelles ». Outre les violences décrites, « la dimension de racisme qui apparaissait dans une des affaires » a aussi été prise en compte.
Un défenseur des droits des enfants laisse les associations sceptiques
Par ailleurs, la nomination d’un défenseur des droits des enfants et le contrôle de l’honorabilité des personnels a suscité les réactions de plusieurs associations. Ainsi, le secteur de la protection de l’enfance a émis, mercredi 28 janvier, des « réserves » après ces annonces. Il a noté qu’un Défenseur des droits des enfants existait déjà et a plaidé pour un renforcement des moyens existants. « Il faut d’abord rappeler qu’il existe déjà une autorité indépendante compétente pour la défense des droits de l’enfant : le Défenseur des droits, et son adjoint le défenseur des enfants », a réagi la Convention nationale des associations de protection de l’enfance (Cnape), citée par La Croix.
Concernant le recueil et le traitement des alertes, cette fédération de 180 associations gestionnaires de services de protection de l’enfance estime que « la priorité n’est pas de créer un circuit supplémentaire au sein de l’Éducation nationale, mais de fiabiliser et d’améliorer la coordination avec l’existant ». La Cnape précise que de nombreuses situations signalées au numéro 119 « Allô Enfance en Danger » « proviennent déjà du milieu scolaire ou des professionnels de l’Éducation nationale ou du périscolaire ». La Convention ne souhaite pas créer un nouvel échelon interne, mais demande de « renforcer la coordination opérationnelle » entre les rectorats et les cellules de recueil des informations préoccupantes (CRIP).

