Aïe. Je la sens poindre à la base de mon crâne, se faufiler dans mes trapèzes et mes épaules, puis se diffuser le long de ma colonne vertébrale, dans mes jambes et jusqu’à la pointe de mes orteils. 

Elle, la douleur. Ma pire ennemie.

Insidieusement, elle s’empare de mon corps tout entier, s’enroule autour de mes muscles et de mes nerfs. Son voyage n’a de limites que celles de mon corps. Les heures passent et je la sens qui s’approprie une à une mes cellules. Elle prend possession de moi, elle me tiendra bientôt prisonnière.

J’ai beau hurler intérieurement, je ne parviens pas à freiner sa progression.

Impossible de la localiser désormais. Elle se diffuse dans chaque recoin de mon être. J’ai mal partout, du sommet de ma tête jusqu’au bout de mes pieds.

Une douleur plus insoutenable que celle ressentie lorsque j’ai donné la vie, car rien de beau ne naîtra de cette épreuve. Je me répète en boucle « ce que je vis est stérile ». La seule chose qui prend vie en cet instant, ce sont […]