Retrouver le calme

Retrouver le calme

On sort du tourbillon des fêtes avec une sensation de trop plein. Janvier n’est pas que le mois du blanc ou des soldes, c’est aussi le moment idéal pour une detox mentale. Si on essayait ?

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Publié le 13 janvier 2018

Auteur : Laurence Roux-Fouillet

Que d’agitation autour de nous ! Et pourtant nous aspirons souvent à une tranquillité intérieure. Nous recherchons les rares occasions de prendre du temps pour nous pour se retrouver quelques instants face à soi-même. Quel bonheur ! Mais avant de pouvoir profiter du calme, il y a un préalable indispensable : arriver à se calmer.
Or il n’est pas rare de se sentir physiquement nerveux, tendu ou agité. D’avoir l’impression de ne pas pouvoir tenir en place. Ou bien de constater en nous un flot intarissable de pensées, de préoccupations, de choses à faire… Alors, faut-il forcément attendre de n’avoir « rien à faire » pour être calme ? Si c’est le cas, il est peu probable que nous y arrivions un jour ! Pire, dans les moments de farniente que nous nous accordons enfin (soirée, week-end, vacances) il est fréquent que l’on ne parvienne pas à faire baisser la pression ou à décrocher de son rythme habituel. Le quotidien nous rattrape à la moindre occasion. Ceci est d’autant plus agaçant si l’on avait prévu ce temps pour ça. Mais le calme que l’on a « convoqué », n’est pas au rendez-vous…
Vient alors le temps de l’agacement. Plus on essaie d’être tranquille et moins on y parvient. Les accros de l’activité sont même incapables de s’adonner au repos diurne. La sieste ? Pas pour eux !
Beaucoup de gens nerveux ou stressés me confient : « Je n’arrive pas à me relaxer, ça m’énerve. Plus vous me dites d’être calme, plus ça m’agace… ». Même la lenteur les exaspère, car ils ne savent plus s’arrêter.
La bonne nouvelle est que cette propension naturelle peut se rééduquer, se redécouvrir, se reconquérir. La sophrologie, la méditation ou les exercices spirituels offrent de nombreuses techniques pour réinstaller le relâchement, comme la sérénité.

Une fois le téléphone mis sur silencieux, la première condition consiste à s’autoriser à ne plus penser. Nous y cédons difficilement, car notre cerveau nous rappelle sans cesse qu’il y a toujours quelque chose à faire – pire, que nous pourrions avoir oublié une chose indispensable ou grave. Et il est attentif – tendu – vers tous les signaux extérieurs qui nous obligeraient à (ré)agir. Je vous invite à relire l’article sur « Peut-on arrêter de penser ? ».
Dans un deuxième temps il va s’agir d’installer le calme en soi. Voici quatre étapes à expérimenter utilement :

– se taire
Accordez-vous quelques minutes de pur silence chaque jour. Juste dans l’idée de s’asseoir et de ne rien dire ni faire durant un temps donné. Inutile de chercher à établir le silence absolu autour de vous – c’est quasiment impossible – et les bruits sont ce qu’ils sont. Commencez par vous taire deux minutes, puis cinq -jusqu’à dix, si vous y parvenez. Vous vivez déjà un début de calme. Ça n’est pas pour autant que vous serez totalement tranquille puisque votre esprit va alors se rappeler à vous.

– faire taire le veilleur
Nous maintenons en toute occasion une certaine vigilance, un veilleur intérieur, au cas où une urgence surgirait. L’un de mes amis a baptisé le sien Raymond !
Acceptez parfois de calmer ce veilleur intérieur. Pour cela, il doit être convaincu que vous n’êtes pas en insécurité et que c’est bien vous qui choisissez de ralentir le rythme. Négociez avec lui votre « temps de calme » : un quart d’heure, une heure, une journée ou plus. Vous y avez droit ! Dialoguez avec lui, grondez-le s’il le faut… J’aime l’idée de le représenter sous la forme d’un petit personnage qu’on invite à se détendre sur un siège confortable ou à aller faire un tour. Il est parfois nécessaire de le rassurer, de comprendre ses peurs.

– descendre en soi
Utilisez une représentation simple : imaginez que vous puissiez « descendre en vous » en prenant un toboggan, un tunnel, un escalier, un ascenseur, un tube, une barre de pompier… Identifiez en vous un espace intérieur de paix et de silence où vous pourriez symboliquement vous asseoir, vous poser pour un temps. Approchez-vous de cette zone.
Cet espace intérieur peut se situer dans votre cœur, votre ventre, votre tête…c’est ce que vous « sentez ». N’ayez pas peur de ce que vous pourriez y trouver. Certains s’effraient d’être face à un vide, un sentiment de vacuité ou d’inutilité terrifiant. Au contraire, notre silence intérieur a une densité. Cette présence à soi est aussi apaisante que rassurante. Nous ne sommes jamais seul avec nous-même ! Les méditations bouddhistes proposent d’ailleurs de « tourner son regard vers l’intérieur » et la tradition chrétienne considère l’Esprit Saint comme « l’hôte intérieur ». L’une comme l’autre suggèrent qu’il se passe quelque chose en nous, et que cette chose est profondément apaisante. La pratique du silence intérieur développe par ailleurs la réflexion mais aussi l’écoute.

– ramener l’attention sur le corps
Notre cerveau hyper vigilant a toutefois une particularité bien utile : il ne sait pas faire deux choses à la fois. Si vous lui demandez de se focaliser sur une action précise et s’il s’y absorbe, il « oublie » de penser. Cette particularité a été explorée par le médecin suisse Vittoz à travers les techniques dites « d’actes conscients » – largement reprises de nos jours dans la méditation dite « de pleine conscience ».
Vous pouvez déjà appliquer cette possibilité en amenant votre attention, aussi souvent que nécessaire, sur la présence de votre corps : bruit du souffle, pression des fesses sur le siège, poids des pieds sur le sol, contact des vêtements autour de vous, température de la peau, glissement de l’air qui entre dans les narines… Observez, « sentez », tout ce qui se présente à vous. Uniquement au présent.
Les techniques dites « à médiation corporelle » reposent sur cette pratique : relaxation, méthode Vittoz, sophrologie, hypnose, méditation… Le yoga est également intéressant, car il présente l’attrait de combiner une action sur les postures et étirements du corps et une action volontaire sur la respiration.

Enfin, essayez pour vous-même cette mini-pause de sophrologie, à n’importe quel moment de la journée :

Technique : check-list détente
Durée de l’exercice : 5 minutes.
Indications : décontraction rapide, prise de conscience de soi, équilibre

Décroisez vos jambes et laissez votre corps s’installer, se poser
Fermez vos yeux et imaginez que vous les tournez vers l’intérieur, pour permettre à votre mental de décrocher de vos préoccupations du moment. Toute votre concentration va être maintenue sur les zones du corps que vous souhaitez relâcher.
Portez votre attention au niveau de votre front. Uniquement votre front.
Inspirez en soulevant très fort vos sourcils – Expirez en les relâchant le plus possible. Sentez que votre front est lisse et calme.
Portez votre attention au niveau de votre mâchoire. Uniquement votre mâchoire.
Inspirez en ouvrant très grand votre bouche. Expirez en la refermant doucement. Sentez que les muscles de votre mâchoire sont relâchés.
Portez votre attention sur vos épaules. Uniquement vos épaules. Inspirez en haussant vos épaules pour qu’elles se rapprochent de vos oreilles. Expirez en les laissant retomber lourdement. Sentez que vos épaules sont détendues.
Portez votre attention sur votre ventre. Uniquement votre ventre. Inspirez en rentrant le ventre, comme si votre nombril pouvait toucher votre colonne vertébrale. Expirez en décontractant le ventre. Sentez que votre ventre est souple et tranquille.
Ressentez à présent chacune de ces quatre zones : front mâchoire, épaules et ventre sont dans la détente.
Profitez de ces sensations de calme.
A la fin du temps prévu, vous pouvez bouger votre tête, étirez vos jambes et reprendre en douceur vos activités.

Cette technique que j’ai élaborée est aussi appelée « Détente des quatre zones-clef » car le front, la mâchoire, les épaules et le ventre sont les zones de notre corps qui « verrouillent » le plus facilement.

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